dimanche 30 janvier 2011

Wikileaks: les fuites américaines mouillent la Turquie

Article publié dans France-Arménie en janvier 2011


Le site Internet spécialisé dans la diffusion de notes diplomatiques confidentielles a commencé de rendre publics de nombreux memoranda sur la Turquie et sur la vision qu’en ont les ambassadeurs américains : un portrait sans fard bien loin du ton politiquement correct des discours officiels.

Wikileaks ! Depuis quelques semaines, le microcosme de la diplomatie internationale ne bruisse plus que du nom de ce site Internet, encore largement confidentiel voici quelques mois. C’est qu’après les informations déjà gênantes révélées sur l’aventure américaine en Irak, après la divulgation d’une vidéo montrant le meurtre de civils irakiens par un hélicoptère de combat U.S., les “fuites” du Web ont commencé de révéler le contenu de milliers de “câbles”[1] trahissant la vision du monde qu’entretient la diplomatie américaine. Comme le précise le “cablegate”[2], Wikileaks a choisi de ne divulguer que progressivement l’énorme manne des 251.287 documents dont il dit disposer. Cette entreprise de subversion n’a donc pas fini de faire parler d’elle, d’autant plus que si certains “câbles” sont hors d’âges - 1966 pour le plus ancien - la plupart datent de la période 2006-2009.

Bien évidemment, Turquie, Arménie et Azerbaïdjan ne sont pas épargnés par ce florilège de documents souvent classifiés au niveau “confidentiel”, parfois au niveau “secret”. Cependant, si les informations révélées s’avèrent finalement le plus souvent banales, ce sont les commentaires qui les accompagnent qui mettent à mal la diplomatie publique américaine. La Maison Blanche, sans doute très gênée de voir mises à nues ses appréciations sur des gouvernements amis comme ennemis a ainsi qualifié de “criminels” WikiLeaks et ceux qui disséminent ces informations (voir encadré).