jeudi 20 décembre 2012

Sous le signe des Dioscures

Castor et Pollux
Dans un article précédent, j’ai commenté l’actuelle évolution de la morale par laquelle les représentants contemporains de la postmodernité semblent vouloir effacer la parole occidentale pour faire leur n’importe quelle autre source de légitimité traditionnelle ou reconstruite, pourvu qu’elle n’émane pas de l’Europe. Cette phase de la postmodernité fait logiquement suite à la précédente, celle où les fers de lance du mouvement – les Deleuze et autres Derrida – déconstruisirent avec tant d’ardeur les œuvres de la pensée en générale, et tout particulièrement celle de la pensée occidentale moderne. Comme souvent, les entreprises de destruction réservent leur plus grand fanatisme aux idoles qu’elles ont tant adorées précédemment. 

Au premier abord, il pourrait sembler curieux que les apôtres de ce mouvement destructeur n’aient jamais songé à l’associer à quelque figure tutélaire sous le patronage de laquelle ils auraient pu le poursuivre tout en lui conférant une antique légitimité ou, mieux, un simulacre de rationalité. Mais à la réflexion, il est bien normal qu’un mouvement récusant l’héritage occidental et ses formes ne se soit jamais placé que sous le patronage innommé du chaos et du néant. Seuls finalement ses détracteurs auraient pu le faire et certains réactionnaires s’y sont-ils peut-être même essayés. 

samedi 15 décembre 2012

La lancinante question de la démocratisation de la Turquie

C’est un évènement rare qui a eu lieu à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) ce mercredi 12 décembre, où Ragip Zarakolu est venu donner une conférence sur la situation actuelle de son pays en matière de respect des libertés fondamentales et notamment de liberté d’opinion et d’expression. Cette manifestation était conjointement organisée par la section française du Groupement Internationale sur la Turquie (GIT) représentée par son président, Vincent Duclert, et par le Conseil de Coordination des Organisations Arméniennes de France (CCAF) représenté par son coprésident Ara Toranian. Notons qu’à l’initiative du GIT, Ragip Zarakolu est proposé depuis quelque temps pour le prix Nobel de la Paix.

De gauche à droite, Hamit Bozarslan, Vincent Duclert, Ragip Zarakolu et Erol Özköray
Dans son introduction, Vincent Duclert a rappelé que Ragip Zarakolu a été emprisonné du 28 octobre 2011 au 10 avril 2012 pour des allégations fantaisistes de complicité avec un mouvement terroriste et que son fils Deniz goûte depuis quatorze mois aux geôles du « modèle turc tant vanté par les médias » pour avoir parlé publiquement de La politique d’Aristote ! Depuis lors, comme il l’a lui-même évoqué, Ragip Zarakolu est contraint de se murer dans une « protestation muette » et se garde bien de toute déclaration qui pourrait le renvoyer derrière les barreaux dans un pays redevenu en quelques années la plus grande prison de journalistes du monde


jeudi 29 novembre 2012

Do you speak européen ?

Cet article que j'ai co-écrit avec Christian Boghos, a été publié le 24 novembre 2012 par le Huffington Post. Malheureusement, un certain nombre de liens hypertextes ont disparu lors de la publication ce qui peut nuire à ceux qui voudraient approfondir les sujets évoqués. On trouvera donc ici la version enrichie du texte.

Le 25 septembre dernier, l’Union européenne et le Conseil de l’Europe célébraient conjointement la « journée européenne des langues ». Très symptomatiquement, la page Internet de la Commission de Bruxelles dévolue à cette journée mettait en exergue un « speak-dating » d’apprentissage des langues et s’intitulait « Do you speak européen ? ». On se prend à rêver qu’elle aurait pu s’appeler « Sprechen Sie européen ?» ou « Habla usted européen ? », voire « Mówisz po européen ? ». Au bas de la page en question, un lien renvoyait sur un document portant sur les « Lessons from abroad: International review of primary languages », document britannique dont il ne semble exister qu’une version anglaise. Rarement, un évènement aura autant constitué une contradiction dans les termes que cette « journée européenne », d’ailleurs passée pour l’essentiel inaperçue. 

Alors y a-t-il quelques absurdités, ou mieux un passéisme aggravé, à penser que dans un monde multipolaire le multilinguisme est une idée moderne ? Que l’anglais soit la langue des affaires, soit ! Même s’il n’est pas destiné à le rester longtemps… multipolarité oblige. Mais que l’identité d’un peuple quel qu’il soit – et dont le fondement premier est sa langue – que cette identité soit mise en recul face à ce grand mouvement d’uniformité que provoque le diktat du monolinguisme, devrait interpeller et alerter tous ceux qui croient que la force d’un peuple tient à sa diversité, que la créativité d’un groupe tient à ses multiples origines culturelles et sociales, et que la force d’une nation tient à la fois à sa langue, son histoire, sa cohésion mais aussi à sa capacité à s’ouvrir aux autres.

vendredi 9 novembre 2012

Le Médiateur critique la politique linguistique restrictive de la Commission pour les consultations publiques


Le Médiateur européen, P. Nikiforos Diamandouros, a critiqué le refus de la Commission de publier les consultations publiques dans les 23 langues de l'UE. Ceci fait suite à une plainte d'un avocat espagnol, critiquant le fait que de nombreux documents de consultation publique sont uniquement disponibles en anglais ou dans un nombre limité de langues de l'UE, bien qu'ils soient destinés au grand public.

Le Médiateur a déclaré que : « Les citoyens européens ne sont pas en mesure de participer efficacement au processus décisionnel de l'Union européenne, dès lors que les documents de consultation publique ne sont pas disponibles dans toutes les langues officielles. Le Parlement européen a récemment adopté une résolution demandant instamment à la Commission de revoir sa politique linguistique restrictive, afin de veiller à ce que les droits des citoyens soient respectés. Je partage pleinement la position du Parlement. »

samedi 27 octobre 2012

Kessab en Syrie: le prochain massacre ?

Cette tribune de Mihran Amtablian a été publiée par le Huffington Post dans une version écourtée vendredi 26 octobre. Avec l'aimable accord de l'auteur, Eurotopie vous en offre ici la version complète. 

L’église arménienne de Kessab  -  Photo Kashekian
« Ce que nous souhaitons tous de manière extrêmement claire, c'est que, à la guerre confessionnelle qui existe en Syrie, qui a déjà fait plus de 30.000 morts, qui est donc une catastrophe, ne s'ajoute pas en plus un conflit entre la Syrie et ses voisins, singulièrement la Turquie. » Ce sont là les paroles que Monsieur Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, a prononcées lors de sa conférence de presse du 15 octobre à l’issue du conseil des ministres de l‘Union Européenne. 

On peut s’étonner que le conflit syrien soit réduit par notre ministre à sa simple dimension confessionnelle qui, cependant, existe bel et bien. Car enfin, comme pour le colonel Kadhafi, il a été décidé de se débarrasser de Monsieur Bachar Al-Assad pour des raisons politiques. Par qui ? A minima par les « puissances » locales de l’islam sunnite militant que sont le Qatar (encore lui) et l’Arabie Saoudite wahhabite. Elles ont vu dans la vague de contestation partie de Tunisie, une bonne occasion de se débarrasser tout à la fois d’un régime laïc, celui du parti Baas syrien, et d’un pouvoir totalitaire aux mains d’une branche concurrente de l’islam : le chiisme particulier des Alaouites. L’occasion était également bonne pour l’Occident qui voyait là une possibilité majeure d’affaiblir l’influence de l’Iran dans le cadre de la politique que l’on sait à l’égard de ce pays. Dès lors, on peut raisonnablement se poser la question de savoir où la décision inavouée de se débarrasser de Bachar Al-Assad a été prise : A Washington, au siège de l’Otan à Bruxelles, à Jérusalem, à Ankara, à Ryad ou à Doha ? 

lundi 22 octobre 2012

La Turquie, le pays le plus répressif du monde

La Turquie détient le record mondial du nombre de journalistes emprisonnés 

(ONG) ISTANBUL, 22 oct 2012 (AFP) - La Turquie détient le record mondial du nombre de journalistes emprisonnés, a affirmé dans un rapport publié lundi le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), dénonçant "une des plus vastes opérations de répression de la liberté de la presse de l'histoire récente". Au terme d'une analyse détaillée de chaque dossier, le CPJ, une ONG basée à New York, a identifié 76 journalistes emprisonnés en Turquieau 1er août, dont "au moins 61 (...) étaient détenus en relation directe avec leurs travaux publiés ou leurs activités de collecte d'information". La situation de 15 autres journalistes était moins claire, justifiant des recherches plus approfondies, a indiqué l'ONG. 

jeudi 11 octobre 2012

Vers un Caucase apaisé ?

Une mosaïque de peuples
Cet article a été publié par le Huffington Post le 11 octobre 2012

Le résultat des élections législatives qui se sont déroulées le 1er octobre en Géorgie va sans aucun doute impacter la situation régionale bien au-delà des frontières de cette petite république caucasienne. Mais la question est de savoir jusqu’où et comment. Car, si l’on doit souligner la nature relativement démocratique du scrutin qui donne les clés du gouvernement au Rêve géorgien de M. Ivanichvili, les inflexions que celui-ci entend porter à la politique nationale ont certainement fait l’objet de tractations entre les grands acteurs régionaux et internationaux, comme en témoigne peut-être la rencontre entre Anders Rasmussen, le secrétaire général de l’Otan, et Sergueï Lavrov, le Ministre russe des Affaires étrangères, quelques jours avant le vote.

mercredi 26 septembre 2012

La volonté d'impuissance

Cet article constitue la version longue d'une tribune publiée sur le Huffington Post. Les deux versions ont été rédigées avant ma lecture de langue fantôme, l'essai polémique de Richard Millet. J'ai depuis lors lu cet essai et j'y vois, par la similitude même des termes employés,  la confirmation de mon analyse. Le simple fait que les exigences éditoriales de simplification de la pensée posées par le Huffington Post m'aient conduit à lui fournir une version moins recherchée du texte constitue une autre illustration - bien évidemment toute proportion gardée - de l'exemple pris par Millet de la réécriture du  Nom de la Rose par Umberto Eco.

Ces derniers jours, l’actualité a illustré de manière saisissante l’évolution par laquelle l’Europe semble abdiquer les principes qui, il y a peu encore, servaient de fondement à sa morale postmoderne. Nous ne tolérons plus aujourd’hui nos prétentions d’hier à expliquer le monde, encore moins à le justifier, mais nous accordons au contraire tous les égards, et toutes les excuses, à des sources de légitimité qui nous sont extérieures. 

Si elle ne représente aucunement le premier des avatars de la pensée occidentale, cette infirmation de soi en constitue néanmoins une évolution inédite. Par le pouvoir du logos, la pensée européenne – qu’elle ait été païenne ou chrétienne – avait soumis le cosmos entier à sa mesure. La déconstruction opérée depuis a constitué un retournement jugé suicidaire par les critiques de la modernité en ce qu’il n’a rien épargné, ni les mœurs des groupes humains les plus distants, ni nos propres temples et nos propres vaches sacrées : nos institutions, notre culture, nos modes de vie. 

jeudi 13 septembre 2012

Affaire Safarov - Le Parlement européen dénonce à son tour l'Azerbaïdjan

l'eurodéputée Marie-Christine Vergiat (France, GUE) a
fustigé la duplicité de l'Azerbaïdjan durant les débats
Le Parlement européen réuni en session plénière ce jeudi 13 septembre 2012 a adopté une résolution condamnant l'accueil triomphal fait par les autorités de Bakou à Ramil Safarov. La résolution d'urgence "sur les cas de violation des droits de l'homme, de la démocratie et de l'État de droit" a été adoptée par 58 voix contre 13 et 5 abstentions.

En 2004, celui que l'on surnomme désormais le "boucher de Budapest" avait décapité à la hache un officier arménien pendant son sommeil. Emprisonné en Hongrie où il avait commis son crime, Safarov a été récemment transféré dans son pays, l'Azerbaïdjan, où il a été accueilli comme héros national en raison du racisme d'Etat promu par ce pays à l'encontre des Arméniens dans le monde. Le transfèrement et la glorification de Safarov ont  provoqué un tollé international.

vendredi 7 septembre 2012

L'Azerbaïdjan accueille un meurtrier en héros

Cet article a été écrit lundi mais a été publié aujourd'hui seulement par le Hufftington Post. En raison de ce délai, l'article n'est pas à jour en ce qui concerne l'avalanche des déclarations. En revanche, l'analyse globale reste valable.

Le 31 août, Budapest a extradé Ramil Safarov, un meurtrier azerbaïdjanais purgeant sa peine en Hongrie, vers son pays d'origine provoquant ainsi une grave crise avec l'Arménie. Celle-ci, habituellement peu encline aux mesures radicales, n'a cette fois-ci pas hésité à rompre immédiatement ses relations diplomatiques avec la Grande Plaine.

En 2006, la justice hongroise avait jugé et condamné le lieutenant Safarov à 30 ans incompressibles de prison - la perpétuité - pour le meurtre en Hongrie du lieutenant arménien Gourguen Markarian. Les deux hommes avaient été fortuitement réunis dans ce pays en février 2004 à l'occasion du "partenariat pour la paix" - un programme de formation de l'Otan destiné à améliorer les relations de l'Alliance atlantique avec les pays de l'ancien bloc de l'Est.

A cette occasion, Safarov avait froidement décapité Markarian à la hache alors que celui-ci dormait.

jeudi 6 septembre 2012

Affaire Safarov: confession d'un meurtrier raciste

Ramil Safarov, le Breivik azéri

Ramil Safarov est un officier azéri qui a froidement décapité à la hache le lieutenant arménien Gourguen Markarian alors que celui-ci dormait. Le meurtre s'est déroulé lors d'un séminaire du "partenariat pour la paix" de l'OTAN qui se tenait à Budapest en 2004. En 2006, Safarov a été condamné à une peine de prison de 30 ans incompressible pour son meurtre prémédité. En 2012,  la justice hongroise l'a extradé vers l'Azerbaïdjan où il figurait déjà comme "héros national". Aussitôt arrivé, le régime de Bakou l'a gracié, libéré, financièrement récompensé et militairement promu pour son crime.

La déposition de Safarov le jour de son arrestation n'a à ma connaissance jamais été traduite en français. Il s'agit pourtant d'un document très instructif qui démontre de manière exemplaire comment le clan Aliev au pouvoir en Azerbaïdjan a éduqué toute sa population à la haine raciale. Autopsie glaçante d'un meurtre raciste qui vaut condamnation sans appel d'un régime criminel  ....

mardi 28 août 2012

Syrie: L'archevêque grec catholique d'Alep au Liban après le saccage de l'archevêché

Mgr Jeanbart
Source: L'Orient-Le jour

L'archevêque grec catholique (melkite) d'Alep, Mgr Jean-Clément Jeanbart, se trouve au Liban après que le siège de l'archevêché a été saccagé jeudi dernier par des "groupes non identifiés", ont rapporté lundi Radio Vatican et l'agence missionnaire Fides.

Lors d'affrontements à Alep entre troupes loyales au président Bachar al-Assad et rebelles, l'archevêché a été partiellement saccagé quelques heures après que Mgr Jeanbart, son vicaire et quelques prêtres eurent quitté les lieux pour trouver refuge à la maison des franciscains de la ville.

lundi 27 août 2012

Avec un bel habit, on s'en fiche !

Devoir de vacances....

Durant ces congés d'été, les contingences familiales m'ont conduit à flâner dans un grand magasin de la 5ème avenue, à New York, appartenant à une célèbre enseigne de vêtements à la mode. En vérité, je dois confesser que ce n'était pas la première fois que je me rendais en ce lieu mais, peut-être plus encore qu'il y a quelques années, j'y ai été frappé par les valeurs qu'il promeut consciemment ou inconsciemment. 

Que les responsables de l'enseigne en question se rassurent, je ne suis mû par aucune hostilité particulière à l'égard de leur marque qui ne doit d'être prise ici en exemple que parce qu'elle illustre de manière peut-être un peu plus caricaturale que les autres les tendances lourdes qui affectent les sociétés occidentales.

jeudi 23 août 2012

Syrie: les fausses évidences de l'AFP

Le découpage de l'Orient ottoman prévu
par les accords secrets Sykes-Picot (1916)
Commentant les développements  affectant la situation en Syrie, un récent communiqué de l'AFP a attiré l'attention sur le sort de la minorité arménienne de ce pays, prise en tenailles entre les forces restées fidèles aux régimes et les rebelles de tous poils.

Le communiqué en question faisant le point sur la politique d'accueil des réfugiés arméniens syriens par la république d'Arménie est intitulé "des milliers d'Arméniens de Syrie se réfugient sur leurs terres ancestrales". On ne saurait dire qui est responsable de ce titre et de la vision qu'il colporte tant le processus de fabrication de l'information est obscur à l'AFP comme dans la plupart des agences de presse. Le fait que le communiqué soit signé par une arménienne d'Arménie - Mariam Harutunyan - ne préjuge en effet absolument pas du fait que l'information ait pu être réécrite à Moscou - siège régional de l'AFP - ou à Paris. 

lundi 30 juillet 2012

Mais que se passe-t-il exactement en Syrie ?

Exactement, c'est difficile à dire mais on peut affirmer de manière globale qu'en s'obstinant à renverser un régime autoritaire, l'Occident fait preuve d'une singulière désinvolture. Car, si on sait ce dont on veut se débarrasser, on prête semble-t-il peu d'attention à ce que l'on risque de "gagner".

A en croire les grands médias, la situation serait d'un simplicité biblique: d'un côté Bashar el Assad, un infâme dictateur aux abois et ses séides refusant toute avancée démocratiques à des citoyens privés de leurs droits. De l'autres, sur le terrain, des rebelles généreusement considérés comme des "combattants de la liberté" et, opérant de l'étranger, un fantomatique "Observatoire syrien des Droits de l'Homme" très opportunément apparu à Londres pour nous rapporter - et lui seul -  les innombrables méfaits allégués du gouvernement syrien ainsi qu'un providentiel Conseil National Syrien basé à Istanbul et dominé par les Frères Musulmans. De loin enfin, des occidentaux indignés par ce régime barbare refusant les libertés les plus élémentaires à son peuple et n'hésitant pas à utiliser des armes lourdes contre les rebelles ce qui, selon la Maison Blanche sans doute oublieuse des exploits américains en Serbie, en Irak et en Afghanistan, témoignerait de la "profondeur de sa dépravation". Et accessoirement des Russes et des Chinois - sans doute tout aussi dépravés - qui empêcherait le fonctionnement normal - c'est-à-dire conforme aux désir des dirigeants occidentaux - des institutions onusiennes.

vendredi 27 juillet 2012

UE: La gestion de crises, objet de l'instrument de stabilité

La Commission européenne a adopté ce jour son rapport 2011 sur l’instrument de stabilité, un des principaux instruments de financement de l’aide extérieure dont dispose l’Union européenne.

Mme Catherine Ashton, haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-présidente de la Commission, a fait la déclaration suivante: «Ainsi que nous avons pu le constater en 2011 plus que jamais auparavant, l’instrument de stabilité est un outil précieux qui peut aider l’Union européenne à prévenir des crises et de nouvelles menaces dans le monde ou à y faire face. Il fait partie intégrante de notre approche globale en matière de relations extérieures et de gestion des crises et intervient, notamment, lorsqu'un conflit, le terrorisme, la criminalité organisée ou une catastrophe d’origine naturelle ou humaine menace la sécurité et la stabilité politique. Sur le plus long terme, il nous permet d’aider nos partenaires internationaux à créer un environnement plus stable et plus sûr, propice à la réalisation de nos objectifs de développement.»

mercredi 25 juillet 2012

Le fondamentalisme sunnite, mauvais cheval du libéralisme occidental

Cet article a été publié le lundi 23 juillet par le Hufftington Post. Je le reproduis ici avec quelques liens supplémentaires. N'hésitez cependant pas à commenter (et à partager) l'original sur le site du HuffPost.

La politique actuellement menée par les puissances occidentales envers le monde arabo-persique a de quoi surprendre. Après avoir – pendant des décennies – soutenu plus ou moins directement des gouvernements militaristes et autoritaires, voici que les Etats-Unis et ses alliés apportent leur concours à l’établissement de régimes qui, pour se revendiquer de la démocratie, n’en sont pas moins fortement teintés de l’islamisme le plus radical. 

Certes, on ne peut méconnaître que l’instauration de l’esprit démocratique, ni ne se fait en un jour, ni ne s’impose de l’extérieur comme plusieurs expériences malheureuses ont pu le montrer par le passé. Certes également, on ne peut nier que les chancelleries occidentales n’ont pour la plupart d’entre elles pas vu venir le coup de légitimes révolutions arabes qui allaient balayer des régimes issus de cette époque révolue où des grandes idéologies hégémoniques devaient mener aux lendemains qui chantent. Certes enfin, on aura du mal à trouver – hors précisément leur caractère despotique partagé – un quelconque trait commun aux régimes qui tinrent d’un main de fer les populations d’Irak, de Tunisie, d’Egypte et de Libye et qui les tiennent toujours avec le même souci démocratique en Algérie pour ne rien dire de la Syrie en véritable état de guerre civile. 

mardi 24 juillet 2012

l'UE augmente le financement dans de grands projets dans son voisinage

Bruxelles, le 6 juillet 2012 – La Commission européenne a annoncé aujourd'hui qu’elle octroierait une aide supplémentaire à la facilité d’investissement pour le voisinage (FIV) cette année. Ce financement sera destiné à aider les pays du voisinage oriental et méridional dans des domaines tels que la construction routière, le changement climatique, l'énergie ou le soutien aux entreprises.

La facilité d’investissement pour le voisinage rassemble des subventions de la Commission européenne et des États membres de l'UE, des prêts d’institutions financières publiques européennes, ainsi que des contributions des pays partenaires. Elle aide ainsi les pays du voisinage à réaliser les projets d'infrastructure nécessaires.

vendredi 20 juillet 2012

L'hypocrisie de la Turquie au sujet des Droits de l'Homme

Le professeur Taner Akçam
Cet article a été publié le 19 juillet 2012 dans le New York Times par Taner Akçam, professeur d'histoire à l'Université de Clark (Massachusetts, USA). Le point de vue présenté par ce spécialiste de l'histoire turque contemporaine est rarement entendu dans les grands médias traditionnels. Il est pourtant très pertinent et méritait à ce titre une traduction en français.

Un nouvel ordre politique est en train d'émerger au Proche-Orient et la Turquie aspire à en devenir le leader en se positionnant contre les régimes autoritaires. Au début de cette semaine, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, est allé jusqu'à dénoncer les massacres continus de civils par le gouvernement syrien comme une "tentative de génocide".

jeudi 19 juillet 2012

Chine -UE: communiqué à l'issue du 3ème dialogue stratégique à haut niveau

Mme Catherine Ashton et M. Dai Bingguo
Le 3e dialogue stratégique à haut niveau entre l'UE et la Chine s'est tenu à Pékin les 9 et 10 juillet 2012. Il était coprésidé par Mme Catherine Ashton, haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-présidente de la Commission européenne, et M. Dai Bingguo, conseiller d’État de la République populaire de Chine.

Les deux parties ont évoqué en termes enthousiastes le rôle positif joué ces trois dernières années par le dialogue stratégique à haut niveau entre l'UE et la Chine, celui-ci ayant permis aux deux entités de mieux se comprendre, tout en renforçant leur confiance et leur coopération mutuelles.

mercredi 11 juillet 2012

De Mohamed Merah au Génocide arménien

Mohamed Merah, le tueur de Toulouse
L'actualité produit d'étranges résonances. Dans la même semaine, deux évènements a priori sans rapport l'un avec l'autre entrent en collision pour interroger en vérité une même question, celle de notre rapport à la "liberté d'expression". D'un côté donc, la diffusion par TF1 d'enregistrements de conversations entre le tueur Mohamed Merah et les forces de l'ordre qui l'assiégeaient. De l'autre, l'annonce par l'Elysée de la mise en place d'un nouveau projet de loi visant à pénaliser la négation du Génocide des Arméniens.

La diffusion-surprise par la première chaîne télévisée française des propos pleins de haine déterminée du tueur de Toulouse ont provoqué un émoi général au sein de la classe politique et médiatique. Déjà les familles des victimes - on les comprend - on fait part de leur intention de porter plainte. Déjà le CSA indique que les responsables des chaînes incriminées vont être convoquées pour explication. Déjà on évoque une enquête administrative et pénale. De lui même donc, le débat public s'est installé à sa place légitime, celle de la diffusion d'idéologies et de discours haineux, portant à la fois atteinte à la mémoire des victimes, à l'ordre public et à la paix civile. Et à cet égard, on peut souhaiter que les arguties de TF1 autour de je ne sais quelle "droit à l'information" soient considérées comme nulles et non avenues.

lundi 9 juillet 2012

La gauche, la République et la Nation

C’est un fait désormais bien ancré : la gauche a perdu depuis longtemps le monopole dont elle a longtemps joui au sein des couches populaires. Les présidentielles avant-hier, les législatives hier, ont confirmé sur ce point des scrutins plus anciens. A cette aune, l’aventure présidentielle du Front de Gauche s’est certainement davantage nourrie de la verve de Jean-Luc Mélanchon – dont les talents tribuniciens ont excité des sentiments de révolte au sein des franges les plus modestes – que d’une hypothétique éducation politique de cette population par des forces de gauche structurées. Au résultat, si l’émotion qu’il suscita pu être légitime, elle fut surtout éphémère.

Quant aux représentants du parti socialiste, des observateurs avisés ont souligné à de nombreuses reprises qu’ils avaient majoritairement troqué dans leur carte mentale la figure du minoritaire, le fameux représentant de la diversité – la femme, le Français issu de l’immigration ou le LGBT – à celle désormais historique du travailleur salarié. Au bilan, et pour raisonner en termes catégoriels, il n’est plus guère que les agents des trois fonctions publiques pour adhérer sociologiquement à une forme de contestation structurée par les idées de gauche ; socialistes pour la majorité, communiste ou d’extrême-gauche pour les autres.

vendredi 6 juillet 2012

L'UE ouvre les négociations avec le Monténégro

Le Monténégro, petit Etat balkanique avec
un débouché sur la Méditerranée
Observations de M. Štefan Füle, commissaire européen chargé de l'élargissement et de la politique européenne de voisinage, recueillies à l'issue de la conférence intergouvernementale avec le Monténégro, au cours de laquelle des négociations d'adhésion ont été officiellement ouvertes.

Je suis très heureux de l'ouverture de négociations d'adhésion avec le Monténégro aujourd'hui. J'aimerais remercier la présidence danoise d'avoir réservé une telle place à l'élargissement, et au Monténégro en particulier, dans son ordre du jour.

L'ouverture de négociations est une réussite pour le Monténégro, ses autorités, ses responsables politiques et sa société dans son ensemble. Le large consensus national et les efforts de réforme engagés par ce pays ont fini par payer, ce qui confirme également que nous jugeons les candidats selon leurs propres mérites.Beaucoup a déjà été fait par le Monténégro Méditerranée mais il lui reste encore bien plus à accomplir. Cette nouvelle étape du processus d'adhésion signifiera encore plus d'efforts dans davantage de domaines, l'accent devant être mis en permanence sur les libertés fondamentales, le judiciaire et la lutte contre la corruption et la criminalité organisée.

La Commission ouvre un nouveau dialogue sur l’enseignement supérieur avec les pays de la Méditerranée méridionale

Bruxelles, le 2 juillet 2012 – La Commission européenne a ouvert avec les pays de la Méditerranée méridionale un nouveau dialogue sur les politiques et les programmes relatifs à l’enseignement supérieur, conformément à son plan d’appui des progrès réalisés dans la région à la suite du «Printemps arabe» de 2011. La commissaire européenne à l’éducation, à la culture, au multilinguisme et à la jeunesse, Mme Androulla Vassiliou, a reçu à Bruxelles pendant deux jours (les 2 et 3 juillet) des ministres et de hauts fonctionnaires de ces pays pour évaluer les défis auxquels ils sont confrontés dans le domaine de l’enseignement supérieur et pour déterminer de quelle manière l’Union européenne pourrait renforcer sa coopération et son soutien. Le ministre de l’Éducation et de la Culture de Chypre, M. George Demosthenous, représentait la présidence de l’Union européenne. Parmi les ministres présents, il convient de noter la présence du vice‑ministre de l’Enseignement supérieur de Libye, M. Fathi Akkari.

Mme Vassiliou a déclaré: «L’avenir des pays de la Méditerranée méridionale appartient évidemment à leurs peuples et à leurs dirigeants. Mais l’Union européenne est prête à soutenir le développement politique, économique et social. Nous avons donc décidé d’ancrer nos nouveaux partenariats par un engagement commun en faveur des valeurs auxquelles nous sommes tous attachés: la démocratie, les droits de l’homme, la bonne gouvernance, la primauté du droit et la justice sociale. L’éducation est au centre de nos efforts. Pour atteindre notre objectif, l’avènement d’une Méditerranée méridionale démocratique et prospère, nous devons nous concentrer sur les jeunes.»

Herman Van Rompuy en Arménie

Ce 4 juillet 2012, Herman Van Rompuy, le président du Conseil de l'Union européenne s'est rendu en voyage officiel à Erevan, en Arménie. Passage obligé de tout responsable politique se rendant dans ce pays, il a d'abord visité le mémorial de Dzidernagapert et le musée associé, tous deux dédiés aux victimes de ce génocide, en compagnie de M. Demoyan, le directeur du musée.





Il s'est ensuite entretenu avec le président Serge Sarkissian ainsi qu'avec le président de l'Assemblée nationale, M. Hovig Abrahamian. Lors de la conférence de presse qu'il avait donné auparavant, le président du Conseil s'est félicité de "l'engagement de l'Arménie à se réformer sur la base des valeurs fondamentales de l'Union européenne" en soulignant qu'il s'agissait là "clairement d'un choix stratégique pour l'Arménie".

mercredi 4 juillet 2012

L'Europe dilapide un demi milliard en temps de crise

Alors que les économies européennes sont exsangues, l'Europe sait toujours trouver de l'argent pour des programmes inutiles, voire néfastes. Dernier exemple en date, le prêt magnanime accordé par la Banque Européenne d'Investissements (BEI)  à la Turquie.

Prêt de 500 millions d'euros vont ainsi servir à l'économie "intelligente"  de ce pays. Le communiqué de la banque européenne conclut même en précisant qu'en 2011 " la BEI a prêté au total 2 milliards d’EUR en faveur de projets réalisés dans tous les secteurs clés de l’économie du pays, ce qui a permis à la Turquie de rester au premier rang des pays extérieurs à l’UE bénéficiaires de prêts de la BEI."

Ainsi donc, alors que nos économies ont tant besoin de liquidités vitales et que l'Union européenne se montre si sourcilleuses à l'égard de gouvernements tels que ceux de la Grèce, de l'Espagne ou de l'Italie, elle accepte sans sourciller de verser en pure perte l'argent des contribuables européens à un Etat qui occupe militairement une partie du territoire de l'Union et qui profère régulièrement divers types de menaces envers une Europe sommée de capituler devant ses exigences d'adhésion.

Fait aggravant, l'une des banque récipiendaire de la manne européenne est la Ziraat Bank, un établissement suspecté d'avoir construit sa fortune sur la spoliation des victimes du Génocide des Arméniens. A l'instar d'autres établissements turcs, la Ziraat Bank fait en effet l'objet d'une plainte en nom collectif (class action) aux Etats-Unis pour le vol des centaine de milliers de personnes assassinées entre 1915 et 1918 dans le cadre de ce génocide.

A l'issue de la Première Guerre mondiale, les experts avaient estimé à vingt milliards de francs-or de 1914, le montant du préjudice subi par la nation arménienne en raison du génocide commis par l'Etat turc. Cette somme représenterait aujourd'hui plusieurs centaines de  milliards d'euros. 


lundi 2 juillet 2012

Attention: un Etat voyou peut en cacher un autre !

Un F4 turc
Il faut reconnaître au régime turc le talent félin de toujours retomber sur ses pattes. Quoiqu'il advienne donc, la Turquie tente - et réussit souvent - à convaincre les opinions publiques occidentales de la légitimité des actions qu'elle entreprend, de sa bonne foi et de la nature vertueuse de son régime . Bien évidemment, la plupart du temps, rien de cela n'est vrai mais une bonne politique de communication pallie avantageusement à ces qualités dont se pare fallacieusement Ankara. Au besoin même, cette politique peut transformer une situation périlleuse en succès auxquels certains feignent de croire, comme le montre le dernier épisode en date, celui du chasseur abattu par la défense anti-aérienne syrienne. 

Pour ceux qui ne veulent pas lire une relation complète des évènements, l'affaire peut facilement être résumée: Encouragé par les Etats-Unis et accessoirement par leurs vassaux saoudiens et qatariotes, Ankara s'est facilement laissé convaincre d'aller tester l'efficacité de la défense anti-aérienne syrienne à l'aide d'un vieux F4 Phantom - un appareil hors d'âge quoique sans doute "retrofité". Rappelons ici que la Turquie n'a jamais perdu de vue ses velléités expansionnistes en Syrie et en Irak et ses dirigeants ont peut-être vu là un rôle qui leur permettrait à terme de remettre la main sur leurs anciennes colonies ottomanes. 

Le Premier ministre moldave, M. Filat, en visite à la BEI pour renforcer la coopération mutuelle

Vladimir Filat
Vladimir Filat, le Premier ministre de la République de Moldavie, s’est rendu aujourd’hui à la Banque européenne d’investissement, où il a signé avec le président de la BEI, Werner Hoyer, un contrat de prêt d'un montant de 17 millions d’EUR qui servira à financer la remise en état du réseau de transport d'électricité moldave.

À cette occasion, M. Hoyer, a déclaré : « Le prêt que nous signons aujourd’hui constitue un bon exemple de la coopération entre la République de Moldavie et la BEI. Je me réjouis grandement du fait que le concours de la BEI contribuera à soutenir la remise en état des infrastructures électriques, lesquelles sont essentielles au développement de l’économie moldave. Avec le Premier ministre Filat, nous avons examiné les résultats obtenus et envisagé de nouvelles possibilités de financement de projets à l’appui des priorités du gouvernement, en particulier dans les domaines de l’énergie, des transports, des infrastructures environnementales et de l’agroalimentaire. »

vendredi 29 juin 2012

Paul Krugman : l'Euro est crevé

Paul Krugman
La version originale de cet article a été écrite par Paul Krugman pour le New York Times le 22 juin 2012. Prix Nobel d'économie 2008, Paul Krugman est un néo-keynésien dont la pensée se distingue généralement du discours libéral dominant.

Encore une contribution limitée aujourd'hui. Mais j'ai pensé qu'il était nécessaire de poster quelque chose sur un point qui m'a étonné. 

En regardant la pagaille européenne, nous avons fortement tendance à penser qu'elle doit beaucoup aux disparités fondamentales de productivité et de développement global entre membres de la zone euro où des pays arriérés ou semi-développés, comme la Grèce ou le Portugal (ce n'est pas mon opinion mais vous l'entendez souvent) sont maladroitement liés à des puissances comme l'Allemagne.

jeudi 28 juin 2012

UE: Le Commissaire Hahn évalue la Stratégie pour le Danube

Le Commissaire Hahn (à gauche) délivrant à Bruxelles
Les prix du RegioStars Award 2012 (14 juin)
le Commissaire Hahn se rendra dans la région du 27 juin au 1erjuillet afin d’étudier les progrès accomplis

Un an après le lancement de la stratégie pour la région du Danube, qui réunit 8 États membres et 6 pays voisins, le commissaire à la politique régionale, Johannes Hahn, se rendra en visite dans la région afin de rencontrer les acteurs chargés de mettre en œuvre cette stratégie. Lors de ce voyage, il aura également l’occasion de voir par lui-même les progrès accomplis grâce à la coopération macrorégionale et d’effectuer un travail de sensibilisation, au niveau politique et public, visant à mettre en évidence la valeur ajoutée de la stratégie. Son déplacement mènera M. Hahn à travers sept pays – l’Autriche, la Slovaquie, la Hongrie, la Croatie, la Serbie, la Roumanie et la Bulgarie – et lui permettra de rencontrer de hauts responsables politiques ainsi que d’autres acteurs. Toute une série de projets relatifs à la stratégie pour le Danube lui seront présentés. Le voyage a été programmé de manière à coïncider avec les célébrations annuelles de la journée du Danube dans la région.

mercredi 27 juin 2012

Transports: la République de Moldavie en passe d’intégrer l’espace aérien européen commun

Dans le cadre du Conseil de coopération UE-Moldavie, la République de Moldavie et l’Union européenne ont signé aujourd'hui un accord global sur les services aériens qui fera de la Moldavie un partenaire à part entière de l’UE dans le domaine de l’aviation par une intégration progressive dans le marché commun européen.

Siim Kallas, vice-président de la Commission européenne chargé de la mobilité et des transports, a déclaré: «L’accord conclu aujourd’hui sera déterminant pour le renforcement de nos relations économiques, commerciales et touristiques avec la Moldavie. Aux termes de cet accord, les deux parties ouvriront et intégreront leurs marchés respectifs et renforceront leur coopération. De nouvelles possibilités s'offriront ainsi aux consommateurs et aux compagnies aériennes.»

Hovhannès Guévorguian: Le Haut-Karabagh n'aspire qu'à la paix et à la sécurité

Hovhannès Guévorguian
Hovhannès Guévorguian a 38 ans et vit depuis neuf ans à Paris. Parfaitement francophone et profondément francophile, ce jeune diplomate souriant représente un Etat non reconnu – le Haut-Karabagh et tente de faire connaître son peuple et sa cause aux dirigeants français. Rencontre sur le vif autour d’un café.

Pouvez-vous nous présenter le Haut-Karabagh en quelques mots ? 

Le Haut-Karabagh est un Etat du Caucase méridional. C’est un territoire un peu plus grand que le Kosovo avec 11 000 km2 et peuplé comme deux fois Andorre avec 150 000 habitants. En 1991, les Karabaghiotes se sont séparés de l’URSS pour constituer une république indépendante. Celle-ci n’est cependant pas encore reconnue sur le plan international en dépit du fait que nous avons su bâtir des institutions d’Etat plus démocratiques et performantes que celles des pays alentours. Le Karabagh vit aujourd’hui d’agriculture et d’exploitation minière. Il s’ouvre également au tourisme culturel grâce à son antique patrimoine architectural chrétien mais des obstacles subsistent à son essor économique… 

lundi 25 juin 2012

La Commission européenne adopte une mesure spéciale en faveur de la population et des réfugiés syriens

Des réfugiés syriens
Bruxelles, le 8 juin 2012: la Commission européenne a adopté ce jour, au titre de l’instrument européen de voisinage et de partenariat (IEVP), une mesure spéciale en faveur de la Syrie qui lui permettra d’apporter une réponse simple et rapide aux besoins les plus urgents de la population et des réfugiés syriens. Venant compléter l’aide humanitaire déjà dispensée par la Commission, cette mesure spéciale aidera à faire face à la situation de crise en Syrie, ainsi que dans les régions touchées par l’afflux de réfugiés au Liban et en Jordanie, pays voisins.

samedi 23 juin 2012

Pour la Chine, l'Euro est plus sûr que le Dollar


Les résultats des élections grecques du dimanche 17 juin ont été accueillis avec soulagement et comme un signe de répit non seulement en Europe et aux Etats-Unis mais aussi en Chine. La crise de la dette souveraine grecque et les préconisations économiques de l'Occident avaient conduit à des sentiments mitigés en Chine, ainsi que l'avait illustré le discours du président Hu Jintao prononcé le premier jour du G20 à Mexico City. D'une part, la dette croissante et la détérioration de la situation économique du marché intérieur américain et de la zone euro affectent sérieusement une économie chinoise tirée par les exportations. D'autre part, la crise occidentale donne à la Chine l'opportunité d'accroître son influence mondiale et de remettre en question l'actuel ordre économique et monétaire. Les leaders chinois sont aujourd'hui, pour la première fois dans l'histoire moderne, en position de tirer parti des malheurs économiques de l'Occident tout en faisant la leçon aux responsables politiques américains et européens sur leurs politiques économiques et fiscales. 

Kosovo: Feuille de route pour la libéralisation du régime des visas par l'UE


Commission européenne
Communiqué de presse
Bruxelles, le 14 juin 2012
La Commission remet au gouvernement du Kosovo une feuille de route pour la libéralisation du régime des visas
Mme Cecilia Malmström, commissaire européenne chargée des affaires intérieures, a remis aujourd’hui au gouvernement du Kosovo la feuille de route pour la libéralisation du régime des visas. Ce document présente une liste complète des réformes que le Kosovo sera invité à mettre en œuvre pour satisfaire aux exigences liées à la liberté de circulation, notamment en ce qui concerne la réintégration et la réadmission, la sécurité des documents, la gestion des frontières et des migrations, la lutte contre la criminalité organisée et la corruption, ainsi que les droits fondamentaux. La vitesse à laquelle le dialogue sur la question des visas pourra aboutir dépendra des progrès réalisés par le gouvernement du Kosovo quant au respect de ces exigences.

vendredi 22 juin 2012

Siim Kallas cherche à renforcer les liaisons ferroviaires de l'Eurasie

Commission européenne – Communiqué de presse
M. Kallas, Commissaire européen
 en charge des transports
Siim Kallas cherche à renforcer les liaisons ferroviaires de l'Eurasie
Bruxelles, le 1er juin 2012 - Siim Kallas, vice-président de la Commission européenne responsable des transports, a participé au 7e forum du secteur ferroviaire «partenariat stratégique 1520» à Sotchi (Russie). M. Kallas a saisi cette occasion pour mener des discussions fructueuses sur les étapes à suivre afin de renforcer le trafic ferroviaire est-ouest vers la Russie et la Chine et pour encourager un transfert modal sur ces liaisons.

«Le trafic de fret ferroviaire entre l'UE et ses voisins de l'Est devrait augmenter de plus de 30 % entre 2007 et 2020. Nous avons besoin de liaisons plus nombreuses et de meilleure qualité, ainsi que d'une étroite coopération avec la Russie, le troisième partenaire commercial le plus important de l'UE. Il est probable que la Russie devienne également un pays de transit conséquent entre l'UE et la Chine à la suite de la création du pont terrestre eurasien. Les discussions de ce jour ont constitué un premier pas en avant, mais il nous faut encore résoudre d'importantes questions.»

La BEI renouvelle son soutien aux projets de petite dimension mis en œuvre dans des pays du Partenariat oriental

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
BEI/12/67
Vienne et Luxembourg, le 24 mai 2012
La BEI renouvelle son soutien aux projets de petite dimension mis en œuvre dans des pays du Partenariat oriental
La Banque européenne d’investissement (BEI) fournira également un concours de 4 millions d’EUR au maximum destiné aux filiales géorgiennes, arméniennes et moldaves de ProCredit Holding sous forme de bonification d’intérêt en faveur des bénéficiaires finals et de rehaussement de crédit sur les prêts octroyés à ces derniers.

mercredi 20 juin 2012

Où sont les étrangers en France ?

A l'heure où l'extrême-droite se banalise dans notre pays, il paraît intéressant de mettre à la disposition de tous des cartes illustrant la présence, l'origine et la répartition des étrangers en France. Allez ! un peu de datajournalisme....

La présence étrangère en France fait actuellement l'objet de discours populistes et d'amalgames en tous genres, une dérive facilitée par la méconnaissance par l'opinion publique des données factuelles sur la question. Or ces données qui sont connues des spécialistes existent bel et bien. La nouveauté, c'est qu'avec l'Open Data - un mouvement qui se développe et qui vise à mettre à la disposition de tous l'immense recueil de données statistiques détenu par nos diverses administrations - on peut facilement faire sortir ces données de l'état de confidentialité dans laquelle elles se trouvaient.

lundi 4 juin 2012

L'UE ouvre un dialogue avec la Géorgie sur la libéralisation des visas


La Commission européenne a ouvert aujourd'hui un dialogue avec la Géorgie sur la libéralisation des visas. L'objectif est d'examiner toutes les conditions requises pour que les citoyens géorgiens puissent se rendre dans l'UE sans visa. L'Union respecte ainsi son engagement de favoriser une coopération plus étroite avec ses voisins orientaux, dont la Géorgie, et d'accroître la mobilité dans un environnement sûr, comme affirmé dans la déclaration commune du sommet pour le Partenariat oriental qui a eu lieu à Varsovie en septembre 2011.

À l'issue de sa réunion avec le ministre géorgien des affaires étrangères, M. Grigol Vashadze, la commissaire européenne aux affaires intérieures, Mme Cecilia Malmström, a déclaré:

mardi 29 mai 2012

Sénateurs: "Le Karabagh est un pays bien organisé où l'Etat accomplit sa mission"

De gauche à droite, Bernard Fournier,
Philippe Marini et Sophie Joissains
Le calendrier vient parfois offrir d'heureuses coïncidences: Alors que la tenue du concours de l'Eurovision a donné l'occasion à la presse internationale d'étriller le régime de Bakou et le clan Aliev qui gouverne l'Azerbaïdjan, trois Sénateurs français vienne de publier un communiqué de presse rendant compte de leurs impressions suite à la mission d'observation qu'il ont conduit au Haut-Karabagh.

Le Haut-Karabagh, rappelons-le, c'est ce petit Etat peuplé d'Arméniens qui s'est érigé en République à la suite d'un guerre d'indépendance victorieusement menée voici vingt ans. S'il ne bénéficie toujours pas d'une reconnaissance international, le Haut-Karabagh a su mettre en place des institutions politiques plutôt démocratiques qui, à cet égard, tranchent singulièrement avec celles de l'ancien colonisateur azerbaïdjanais. Celui-ci d'ailleurs ne s'est jamais résigné à la perte de sa colonie de sorte qu'il a fait capoter à plusieurs reprises les solutions diplomatiques conduisant à une paix juste et définitive. C'est en raison de ces actions azéries revanchardes que, presque vingt ans après l'arrêt des combats, le groupe de Minsk de l'OSCE est toujours en charge d'aider les parties prenantes à trouver une issue politique négociée. C'est donc dans ce cadre que les trois Sénateurs français - M. Bernard Fournier (Loire), Mme Sophie Joissains (Bouches du Rhône) et M. Philippe Marini (Oise) ont accepté de se rendre compte par eux-même de la réalité karabaghiote, en dépit des pressions déplacées de l'Azerbaïdjan pour leur interdire ce voyage.

mardi 22 mai 2012

La fête de l'Eurovision ternie par le régime azerbaïdjanais

Le Hufftington Post a récemment publié un article que j'ai écrit et qui dépeint les pratiques autoritaires du régime azéri, ainsi que sa propension à stigmatiser les Arméniens comme dérivatifs aux privations de liberté de la société azerbaïdjanaise. Pour des raisons éditoriales bien compréhensible, l'article publié était une version résumée de l'article complet que voici.

Shooté aux pétrodollars, le régime autoritaire et corrompu de Bakou compte sur l’Eurovision pour redorer son blason. Les ONG de droits de l’Homme et la presse européenne ont cependant largement rendu compte de l’état d’oppression de la société azérie. Mais pour détourner l’attention, l’Azerbaïdjan a un bouc-émissaire tout trouvé : les Arméniens.

Sale temps sur l’Eurovision ! Cette année, le kitschissime mais néanmoins très populaire concours organisé par l’Union Européenne de Radiotélévision se déroulera du 22 au 26 mai, à Bakou en Azerbaïdjan. Le choix de ce lieu a priori peu européen découle de la grande tradition de l’Eurovision qui veut que le pays-hôte soit celui du vainqueur de l’année précédente. C’est donc au talent d’Ell et Nikki, lauréat du concours 2011, que Bakou peut aujourd’hui accueillir le prestigieux évènement et que l’Eurovision se doit d’être bien embarrassée.

Car ce pays-hôte fait sérieusement controverse : l’Azerbaïdjan est dirigé par un régime autoritaire qui est régulièrement épinglé pour ses graves violations des droits de l’Homme et notamment pour les menaces qui y pèsent sur la liberté d’expression. A titre d’exemple, Reporters Sans Frontières a classé l’Azerbaïdjan 162ème sur 179 et cette organisation range le président Ilham Aliev parmi les prédateurs de la liberté de la presse, aux côté des présidents du Belarus, de Syrie ou du Zimbabwe. Le président Aliev qui a hérité du pouvoir à la suite de son père, un ancien du KGB puis du Politburo de l’URSS, a d’ailleurs fait modifier la Constitution pour être élu autant de fois qu’il le souhaite.

mercredi 4 avril 2012

Présidentielles : A propos de la gauche sérieuse


Depuis quelques jours, les médias se font l'écho du nouveau leitmotiv du candidat François Hollande. Pris en étau entre l'accélération sarkozyste - toute brouillonne qu'elle est - et l'incroyable dynamique de Jean-Luc Mélanchon, celui qui semblait pouvoir mener une campagne pépère est aujourd'hui sérieusement bousculé par les sondages d'intentions de vote.  C'est donc sous la pression de l'urgence que M. Hollande et son entourage ont été quelque peu sommés de trouver un slogan propre à remobiliser le "peuple de gauche" autour de sa personne. 


lundi 26 mars 2012

Mise au point à propos de Turquie-News

Je n'ai pas l'habitude des plaidoyers pro domo, ni dans ce modeste blog, ni ailleurs. Ce billet fera donc exception et est motivé par les attaques récurrentes et malintentionnées régulièrement distillées par le site Turquie-news à mon endroit. 

Pourquoi choisir la voie de ce billet et qu'est-ce d'abord que Turquie-news? Les deux questions sont liées. Turquie-news est le plus connu - ou plutôt le moins obscur - des sites dont l'objet principal est la propagation en France du négationnisme de l'Etat turc. A cet égard, je ne suis bien évidemment pas le seul à subir les foudres de cette poubelle de l'Internet et diverses personnalités en pointe dans la lutte contre le négationnisme en font également les frais qu'il s'agisse d'hommes politiques, de responsables associatifs ou d'intellectuels et d'historiens [1].

samedi 10 mars 2012

La culpabilité de la Turquie et la responsabilité de l'Occident

Des "terroristes" kurdes tués "par erreur"
par l'armée de leur pays, la Turquie

Le 28 octobre dernier, les autorités de la République de Turquie ont procédé à une vaste rafle dans les milieux progressistes de ce pays: des centaines de militants pacifiques de la cause kurde et des intellectuels libéraux de toutes tendances ont été arbitrairement arrêtés.

Beaucoup sont toujours maintenus en détention préventive sous couvert d'appartenance à une organisation terroriste. Parmi eux, on compte notamment le professeur Büşra Ersanli, autorité en matière de droit constitutionnel et Ragip Zarakolu, éditeur et membre fondateur de l'Association turque des Droits de l'Homme ainsi que son fils Deniz.

jeudi 8 mars 2012

A propos des commis du négationnisme

Le Conseil constitutionnel a donc finalement censuré la loi « visant à pénaliser la négation des génocides reconnus par la loi ». Dont acte. Immédiatement, le Président Sarkozy a demandé à la chancellerie de préparer un nouveau texte - un engagement qu'il réitère avec constance - et son challenger François Hollande a déclaré qu’il reprendrait le dossier dans un climat plus apaisé. Dont acte également. Après tout, on sait bien que les promesses n’engagent que ceux qui y croient et nous jugerons donc sur pièce lors de la prochaine législature.

Finalement dans cette affaire, comme souvent, les moyens et les circonstances ont porté plus de sens que leur épilogue. Et ce sens, brutal, massif, implacable, c’est celui du déclin moral et intellectuel de nos "élites" et, plus globalement, comme en arrière-plan, de l’évanouissement de l’Occident.

lundi 30 janvier 2012

L'Etat négationniste et ses relais français

La récente adoption par le Sénat de la loi "visant à pénaliser la négation des génocides reconnus par la loi" a d'ores et déjà eu plus de mérites qu'on ne le pense. Par exemple, dans les minutes - oui, j'écris bien les minutes - qui ont suivi le vote, trois sites Internet  notoirement négationnistes [dont je ne mentionnerai délibérément pas l'adresse] se sont sabordés en rendant leur contenu indisponible. Sans compter l'ineffable Turquie-News qui, après avoir grossièrement tenté de faire croire à une attaque de "hackers arméniens", lance maintenant de pathétiques appels à l'aide et aux soutiens financiers comme si la loi, bien qu'encore non promulguée, l’empêchait d'ores et déjà de diffuser ses appels à la haine.

Un autre avantage de la loi est d'avoir fait sortir du bois tout ce que l'Internationale négationniste compte de dévoués collaborateurs et de sympathiques soutiens. On trouvera ci-dessous quelques-unes des lettres les plus édifiantes reçues par nos députés et sénateurs, voire par le Président de la République. On notera en particulier la bonne grosse lettre envoyée par l'Ambassadeur de Turquie expliquant benoîtement à nos parlementaires ce qu'ils devaient maintenant faire. Merci Ankara; nul doute que nos élus apprécieront à  sa juste valeur cette grossière ingérence.

vendredi 27 janvier 2012

Pénalisation des négationnismes : une loi mémorable !

Ça y est : le Sénat a adopté la loi "visant à pénaliser la négation des génocides reconnus par la France". En clair et en l'état, la négation du génocide des Juifs et de celui des Arméniens. Je ne reviendrais pas ici sur les nombreuses péripéties techniques et politiques qui ont conduit à cette adoption pour me concentrer sur les enseignements que je tire personnellement de cette affaire:

mercredi 18 janvier 2012

La Fausse Parole

Le négationnisme est une forme particulière de haine raciale qui repose sur la perversion des structures même du langage. Contrairement aux cris de haine qui expriment directement le rejet de l'altérité - "morts aux Arabes" par exemple - le négationnisme use de l'arme rhétorique pour nier jusqu'à la dignité ou l'existence de ses cibles. Dans cet article, j'ai voulu rappeler la contribution quelque peu oubliée d'Armand Robin au démasquage de ce qu'il appelait la Fausse Parole.

L'ouvrage original d'Armand Robin
Ils s’appellent Pierre Nora, Claude Imbert ou Jean Daniel mais leurs noms n’ont pas d’importance. Ils ont écrit dans le Monde ou dans le Point ou dans le Nouvel Observateur, mais cela aussi, ça n’a pas d’importance. Ils ont dit, et leur expression fut unanime et sans appel ; d’ailleurs elle est souvent unanime puisqu’elle n’est que le reflet dans d’hasardeux miroirs, de similaires affects. Et elle est toujours sans appel car les miroirs ne regardent rien ni personne. 

Cette fois, l’objet de leur ressentiment est un projet de loi sur la pénalisation des négationnismes. L’ont-ils lu ? Peut-être ; sans doute pas ; mais qu’importe. Leur avis préexistait à toute analyse, à toute considération, comme hors le monde. Il procédait d’un instinct plus que d’une pensée. Ils accrochèrent des arguments à cet instinct, comme pour le justifier. Mais comme ils n’accordent guère d’attention à ces accessoires, ceux-ci se cognent dans leur cocasse dépareillement : la prétention à la liberté intellectuelle y côtoie la raison marchande et la considération diplomatique. Quand elle ne s’accroche pas au réel, l’intelligence roule sans garde-fou et de nobles abstractions croient alors excuser de tragiques méprises.