mercredi 27 novembre 2013

Au Sud-Est du nouveau

Source : La Documentation Française
L’Arménie, la Géorgie et l’Azerbaïdjan sont actuellement le siège d'événements qui s’apparentent à des signaux faibles. Ils n’en présagent pas moins de repositionnements subtils – ou du moins de tentatives de repositionnement – dont l’analyse déroge aux lignes de fractures habituelles et qui pourraient présager de modifications de plus grande ampleur. La tentative de décryptage qui suit a été rédigée à la mi-juillet 2013. Pour diverses raisons, je ne l'ai alors pas publiée. Elle est désormais quelques peu obsolète mais elle reste suffisamment intéressante pour approfondir la lecture qu'on peut faire aujourd'hui des évolutions en cours.

Les trois Etats de cette région d’Asie mineure qu’est le Caucase du Sud, l’Arménie, la Géorgie et l’Azerbaïdjan, partagent une histoire récente commune qui, aux yeux des observateurs externes, a souvent brouillé leurs différences anciennes. Devenus tous trois indépendants en 1918, à la faveur de la chute de l’Empire russe et dans un contexte de guerre généralisée, leur naissance fut marquée de violents conflits interethniques qui devaient aboutir à la création d’Etats-nations plus ou moins homogènes et de revendications territoriales réciproques. L’arrivé de l’Armée rouge en 1920 et la soviétisation subséquente de la région gelèrent les conflits en cours et purent donner l’impression de leur résolution. La fin de l’URSS raviva naturellement certains d’entre eux et en particulier celui entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan à propos du Haut-Karabagh et ceux entre la Géorgie et la Russie à propos de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie.

jeudi 18 juillet 2013

L'Union européenne, courroie de transmission de la répression turque ?

Istanbul: tract comparant Erdogan à Hitler
Si les évènements de Turquie semblent loin d'être terminés, ils ont d’ores et déjà eu le mérite de révéler à ceux qui ne voulaient pas la voir la réalité de ce pays : celle d’un Etat bien loin de la fable irénique de seule-démocratie-laïque-du-monde-musulman que les faiseurs de rêves voulaient nous conter. La répression s’y avère féroce et étendue : on recense au moins cinq morts, des cas de torture ont été rapportés, des avocats ont été arrêtés dans l’enceinte du tribunal, sur ordre du Ministère de la santé, des médecins y ont été écroués pour avoir soigné des blessés, le « lobby juif » a été incriminé par le pouvoir et les réseaux sociaux ont été qualifiés de « pire menace pour la société » par le Premier ministre en personne. Dans le même temps, un quotidien pro-gouvernemental a porté plainte contre une journaliste de CNN pour « diffusion de fausses informations » et une journaliste turque de The Economist a été qualifiée de « pute » et de « sale arménienne » tandis que la BBC s’inquiétait très sérieusement du sort de ses correspondants locaux.

L’autoritarisme islamique turc ne fait plus politiquement recette 

Certes et comme prévu, le régime, assis sur une large représentativité populaire, a repris la main et Erdogan peut faire mine de pavoiser. Il n’empêche que, sur tous les fronts, le régime a sérieusement pâti de sa propre brutalité. Selon un sondage récent conduit en Turquie, l’AKP au pouvoir s’est aliéné à peu près la moitié de la population tandis que 37% des sondés attribuent à Erdogan lui-même la responsabilité de la crise. De manière tout à fait significative, 46% des personnes interrogés ont désormais « peur de donner leur opinion » sur la question. 

mardi 2 juillet 2013

La Commission européenne se félicite de la décision sur le gazoduc qui ouvre une liaison directe avec la mer Caspienne

La Commission européenne a salué le choix final, arrêté aujourd'hui, du gazoduc de livraison du gaz azéri vers l’Europe. Le consortium du gisement de gaz de Shah Deniz II, qui détient la licence d'exploitation des réserves de gaz, qui représentent un volume de 16 milliards de m³/an, a retenu le gazoduc transadriatique (TAP) pour acheminer le gaz de la frontière turque à l'Italie, en passant par la Grèce et l’Albanie. Avec la construction du nouveau gazoduc TANAP en Turquie, une nouvelle infrastructure gazière reliera directement la mer Caspienne à l’Europe.

Le président de la Commission européenne, M. José Manuel Barroso, a déclaré à ce sujet: «Je me félicite de la décision prise aujourd’hui par le consortium de Shah Deniz II en faveur du gazoduc transadriatique (TAP) comme itinéraire européen du corridor gazier sud-européen. Il s’agit d’un succès conjoint pour l’Europe et d'une étape importante dans le renforcement de la sécurité énergétique de l’Union. Je suis persuadé que la décision prise aujourd’hui, qui s’appuie sur la déclaration stratégique conjointe que j'ai signée en janvier 2011 avec M. Aliev, président de l'Azerbaïdjan, donnera un nouvel élan à la mise en place complète et rapide de l’ensemble du corridor gazier sud-européen, en tant que lien direct et spécifique entre la mer Caspienne et l’Union européenne, qui devrait être étendu au fil du temps.»

vendredi 21 juin 2013

Un épisode tragique dans la mauvaise comédie des relations UE-Turquie

Affiche des manifestants de la place Taksim
L'Allemagne et les Pays-Bas pourraient refuser l'ouverture de nouveaux chapitres dans le cadre des négociations avec la Turquie.

C'est une nouvelle qui réjouira tous les europhiles et, d'une manière plus générale, tous ceux qui accordent quelque importance au principe de réalité et au pragmatisme. Dans un sursaut de lucidité, les représentants de l'Allemagne et des Pays-Bas ont refusé  l'ouverture de nouveaux chapitres de l'Acquis communautaire dans le cadre d'une réunion technique dévolue aux négociations "d'adhésion" avec la Turquie.

lundi 10 juin 2013

#Occupygezi: Les pratiques de plus en plus totalitaires de Recep

Bientôt Erdogan sans Gül ?
Deux petits "tweets" sont récemment venus illustrer le "traitement" de la contestation sociale et de ses conséquences politiques par le très autoritaire Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan. Premier tweet donc, celui indiquant l'usage par les équipes de l'homme fort d'Istanbul de logiciels de traitement d'images pour gonfler artificiellement le nombre des soutiens venus acclamer le "gazi" lors de son retour à Istanbul.

Il faut sans doute que les soutiens d'Erdogan aient bien faibli pour que celui-ci ait recourt à de tels subterfuges. Deuxième élément intéressant, également relayé sur Twitter, Erdogan aurait demandé aux médias de limité la couverture des déplacements, visites et déclarations du président Gül, son ami de trente ans.

vendredi 7 juin 2013

L'Azerbaïdjan organise son propre blocus

Montserrat Caballé et le président Sahakian
Dans quelques années peut-être, et à moins d'un changement de pouvoir, il est bien possible que l'Humanité entière se voit interdite d'entrer en Azerbaïdjan. En tout cas le processus est bien enclenché. Dernière illustration en date, Montserrat Caballé, la cantatrice de renommée internationale, vient d'être ajoutée à la liste longue des persona non grata du régime azerbaïdjanais.

Le crime de Montserrat Caballé ? S'être rendue dans la République voisine du Haut-Karabagh où, en dépit des menaces préalables de Bakou, elle a rencontré divers officiels dont le président de la République Bako Sahakian. 

Durant son voyage, la soprano a notamment déclaré "le plus important est que ce berceau du christianisme [qu'est le Haut-Karabagh] est pu se maintenir dans la région. C'est la plus forte impression de ma visite".

Ce voyage lui vaut désormais le privilège d'être inscrite sur la (désormais longue) liste noire des personnalités à qui tout voyage en Azerbaïdjan est interdit. Cette liste comprend pour l'essentiel des responsables politiques mais inclut également divers figures du monde des Arts et des Lettres. 

La plupart des observateurs s'accordent à s'interroger sur le sens de cette politique par laquelle l'Azerbaïdjan est en train d'instaurer son propre blocus. Beaucoup de responsables politiques occidentaux considèrent pour leur part que leur propre capacité à accompagner la résolution de conflit entre le régime de Bakou et les autorités du Haut-Karabagh est gravement obérée par l'intransigeance de l'Azerbaïdjan en la matière.

Le Haut-Karabagh et L'Azerbaïdjan sont deux républiques du Sud Caucase. L'Azerbaïdjan est régulièrement critiqué par diverses organisations de Droits de l'Homme en raison de la dérive autoritaire du président Aliev et des graves violations des libertés individuelles qui y ont lieu.

mercredi 5 juin 2013

#OccupyGezi: les images les plus spectaculaires et les analyses les plus percutantes

Les événements en cours en Turquie ont engendré un nombre très importants d'articles et de photo-reportages. Face à ce déferlement, Eurotopie vous propose sa sélection des images chocs et des analyses les plus intéressantes.

Les Photos

1. Le tumblr #Occupygezi



2. Radio Liberté en Azerbaïdjan


3. Les photos de  Mickaël Jimenez, journaliste à France-Arménie

4. Les photos "big pictures" de Boston.com

5. Le site du journal Agos rappelant le passé arménien de Taksim et du pac Gezi (en turc)



Les analyses

6. "Twitter et les manifestations en Turquie", un article remarquable de Louise Hoffmann sur le rôle des réseau sociaux

7. "Au fil du Bosphore", l'excellent blog de Guillaume Perrier, correspondant du Monde à Istanbul 


8. Les arbres de Taksim cachaient la forêt de la révolte, analyse lucide et néanmoins originale du chercheur Etienne Copeaux

9. Les trois derniers articles d'Ariane Bonzon sur Slate. Une lecture édifiante et sans concession

10. En toute modestie, "la révolte de Taksim questionne les ambitions de la Turquie" ma propre vision tout juste publiée sur le Huffington Post

vendredi 31 mai 2013

La Russie traite la question de l'Union eurasienne avec sérieux


M. Uwe Halbach
La présente interview a été accordée par Uwe Halbach à Emma Gabrielyan pour Aravod. Uwe Halbach est expert de l'Institut allemand pour les affaires de sécurité internationale. Il traite du projet d'Union eurasienne promu par Moscou et visant à constituer une entité de coopération économique multilatérale entre la Russie et ses voisins proches. Les détracteurs de l'Union eurasienne y voit un remise en place de l'Empire russe. A l'instar de l'Ukraine, l'Arménie est tiraillée entre les deux structures. 

Emma Gabrielyan : M. Halbach, le second mandat du président Serge Sarkissian commencera officiellement le 9 avril. Son mandat précédent débuté en 2008 a été marqué par la "diplomatie du football" qui s'est révélée stérile. Aujourd'hui, selon vous, en quels termes l'Arménie peut-elle intéresser la communauté internationale, Quelles attentes peut-on avoir de l'Arménie ?

Uwe Halbach : Il est difficile pour moi de dire que les choses vont changer radicalement sur cette question mais je peux supposer que le processus avec la Turquie va continuer à figurer à l'ordre du jour. Permettez-moi de rappeler que le président Gül a féliciter Serge Sarkissian pour sa réélection et, à la suite, il y a eu de nouvelles discussions sur le fait de savoir si le processus de normalisation des relations arméno-turcs sera ressuscité. Je ne sais pas, je pense qu'il est possible que ce processus soit repris un jour et, le cas échéant, je suis sûr que la communauté internationale le soutiendra. Il est difficile pour moi de dire si Serge Sarkissian changera de ligne politique et de plus, je ne peux voir de nouvelles priorités à ce sujet.

mardi 28 mai 2013

Biens spoliés: un particulier s'engage dans une démarche personnelle de restitution

Le village de Mermerli

Kerem Oktay, un particulier turc vivant en Allemagne vient de faire parvenir une requête émouvante et insolite au site d'information Aykiri Dogrular. Il souhaiterait restituer "aux Arméniens" des terres appartenant à lui et à sa famille, situées sur la commune de Mermerli dans la région de Yernzka .

Yerznka (actuellement Erzincan) est le chef-lieu de Haute Arménie, une région d'Arménie occidentale actuellement sous occupation turque. Selon la presse, M. Oktay qui est né à Mermerli fait actuellement des recherches sur l'histoire de son village. 

"Nous avons des informations précises nous indiquant que ce village était arménien. Quand j'étais enfant, j'entendais parler de deux femmes arméniennes qui habitaient là. Je ne sais pas qui elles étaient et pourquoi elles vivaient dans ce village. Actuellement, je collecte des informations mais je n'ai encore rien de clair" a indiqué Kerem Oktay.



La localisation de Mermerli

"Dans plusieurs coins du village, il y a des ruines  de bâtisses qui appartenaient aux Arméniens. Dans les champs, il y a des murs de 3 à 4 mètres de haut. Quand j'étais gosse et que je grimpais sur ces mur, ma mère se mettait en colère, me disait de descendre, que les murs allaient s'effondrer et qu'ils appartenaient aux Arméniens. Et ma mère me disait toujours de ramasser les pierres qui étaient dans le coin et de les mettre sur les murs en question"  a précisé M. Oktay.

Il a fait part de son intention de restituer les propriétés dont il dispose dans le village à leurs propriétaires légitimes. Il souhaite recueillir des informations sur la manière dont le génocide arménien s'est déroulé dans ce village.

Commentaire Eurotopie : Une démarche personnelle courageuse et émouvante qui doit être saluée comme telle. Il faut néanmoins veiller à ce que de telles initiatives - ou des demandes réciproques de dédommagement de la part de particuliers arméniens - ne soient pas utilisées par l'Etat turc  dans le cadre de procédures amiables particulières pour se dispenser d'une réparation politique globale du génocide.

jeudi 23 mai 2013

Pour des listes réellement européennes


EUROPE - Dans un peu plus d'un an se dérouleront les élections européennes. Elles permettront aux quelques 507 millions d'habitants des vingt-huit Etats de l'Union européenne -l'adhésion de la Croatie est désormais actée pour le 1er juillet prochain- de choisir leurs représentants au Parlement européen. Ce Parlement, rappelons-le, constitue la seule instance élue de l'Union et jouit de prérogatives très élargies depuis le Traité de Lisbonne.

Dans tout système démocratique sain, ces élections devraient constituer le point d'orgue de la vie citoyenne. Elles devraient susciter un large intérêt populaire, fait de débats intenses portant sur les implications politiques, économiques et sociales des programmes et des visions proposés par les différentes forces politiques en présence.

Mais il est à craindre qu'il n'en soit rien.

Les raisons de la désaffection européenne sont nombreuses, complexes et spécifiques d'un pays à l'autre. Dans les anciennes républiques populaires d'Europe de l'Est, l'idée prévaut souvent que l'on ne s'est pas débarrassé du grand frère soviétique pour tomber sous la coupe du "monstre doux" bruxellois.

A Berlin, on estime désormais que -forte de ses succès économiques- l'Allemagne tracera seule la route que le reste de l'Union devra suivre sans discuter. En France, le jacobinisme le plus étroit qui constitue souvent la règle croit ôter la plus grande part de sa légitimité à une Union conçue au mieux comme starting-block pour jeunes premiers en mal d'ambitions politiques, au pire comme lieu de relégation des anciennes gloires de la représentation nationale.

mercredi 22 mai 2013

La Turquie, le pays "laïc" qui écroue pour blasphème

Sevan Nichanian
L'édition du 22 mai 2013 du site Hurriyet Daily News rapporte qu'une Cour pénale d'Istanbul (Constantinople) a condamné ce jour l'écrivain Sevan Nichanian a 58 semaines d'emprisonnement pour avoir offenser le "prophète Mahomet" sur son blog.

Nichanian avait été accusé de blasphème à la suite d'un article de blog intitulé "Nous devons combattre les discours de haine". Dans cet article datant d'un an, il écrivait "Se moquer d'un leader arabe qui prétend avoir été contacté par dieu il y a des centaines d'années afin de bénéficier d'avantages politiques, financiers et sexuels ne relève pas du discours de haine mais constitue un test presque enfantin [NdT "kindergarten-level "] de ce que nous appelons la liberté d'expression.

Le procureur avait requis un an et demi de prison contre ce représentant connu de la minorité arménienne de Turquie pour "insulte aux croyances religieuses d'une partie de la société". Le verdict ne peut pas être commué en amende mais Nichanian a le droit de faire appel.


jeudi 16 mai 2013

L'Arménie va émettre des Eurobonds


L'Arménie va émettre pour la première fois dans son histoire un emprunt en devises étrangères a annoncé David Sarkissian, le ministre des Finances, à l'issue du Conseil des Ministres qui s'est tenu ce jeudi. 

Il a expliqué que les institutions internationales ne considèrent plus l'Arménie comme un pays à faibles revenus. Ce statut permettait à l'Arménie de bénéficier de prêts à taux préférentiels de la part de ces institutions. Ce soutien financier va graduellement diminuer puis stopper complètement. Cette évolution devrait contraindre l'Arménie à opérer sur les marchés financiers internationaux et à attirer les bailleurs de fonds par elle-même. 

"Ceci signifie que l'émission d'eurobonds devrait commencer" a déclaré le Ministre des Finances. 

Pour sa part, le Premier Ministre Tigran Sarkissian a déclaré qu'une décision politique avait été prise et qu'elle ouvrirait une nouvelle ère dans la politique économique de l'Arménie. Selon Sarkissian, les eurobonds devraient permettre au secteur privé de bénéficier de ressources financières bon marché, dans la mesure où les taux appliqués par les investisseurs privés sont de 1 à 1,5% plus élevé en l'absence d'emprunts garantis par l'Etat. 

"Ces taux d'intérêt pourraient décroître dans le futur" selon le Premier Ministre.

D'après les propres paroles de Tigran Sarkissian, si l'émission d'eurobonds s'avère un succès, l'Arménie rembourserait les prêts qu'elle a contractés auprès de la Russie, dans la mesure où sa cotation 2B par les agences internationales de notation lui permettent désormais d'attirer des capitaux à meilleur marché.

mercredi 15 mai 2013

L'Azerbaïdjan toujours un peu moins libre

L'Azerbaïdjan du clan Aliev
Le Parlement azerbaïdjanais a légalisé une série de mesures renforçant le contrôle de l'Etat sur l'Internet par une initiative que l'opposition considère avec crainte comme visant à faire plier la dissidence numérique.

Les mesures votées par le Parlement le 14 mai font de la diffamation en ligne et de ses "abus" des infractions pénales. La  nouvelle loi prévoit que les cas "particulièrement sérieux" de diffamation puissent faire l'objet de trois ans de prison.


Il a également décidé de porter à trois mois la durée maximale de détention  dite «administrative» en vertu desquelles des militants de l'opposition ont souvent été arrêtés. La peine maximale précédente était de 15 jours.

Les militants de l'opposition utilisent généralement des médias sociaux en ligne pour coordonner leurs activités.

Le Comité international de Protection des journalistes a déclaré que le nouveau projet de loi, s'il était ratifié , constituerait "un vol de l'information publique en ligne" et il a exhorté le président Ilham Aliev à opposer son veto.


Il y a quelques jours, Stefan Füle, le commissaire de l'Union européenne chargé de l'Elargissement et de la Politique Européenne de Voisinage avait exprimé sa préoccupation au sujet de cette initiative proposés par les forces aux pouvoir de cet Etat pétrolier pour limiter l'accès à l'Internet.

lundi 29 avril 2013

La Turquie va bientôt adhérer ... à l'organisation de coopération de Shanghai !

Mezentsev et Davutoglu signent l'accord Turco-oriental
Les évolutions récentes de la politique étrangère turque ont de quoi donner le tournis. Après s'être prétendue plus européenne que les pays européens, après avoir courtisé les pays arabes qu'elle entend réintégrer au sein d'un chimérique empire ottoman reformé, voici qu'Ankara annonce en grande pompe - et sans renoncer à ses ambitions précédentes - que la Turquie devient un "partenaire de dialogue" de l'Organisation de Coopération de Shanghaï. Assurément de quoi rassurer l'Occident sur la fiabilité de cet "allié inconditionnel" que serait la "seule-démocratie-laïque-du-monde-musulman".


La Turquie membre de l'Otan a signé ce vendredi un "partenariat de dialogue" avec une organisation de sécurité dominée par la Chine et la Russie et elle a déclaré que sa destinée est en Asie

"C'est vraiment un jour historique pour nous" a déclaré le Ministre turc des Affaires Etrangères Ahmet Davutoglu après avoir signé à Almaty - la capitale commerciale du Kazakhstan - une lettre d'intention avec Dimitri Mezentsev, le Secrétaire Général de l'Organisation de Coopération de Shanghai (OCS). 

mercredi 24 avril 2013

La négation du génocide arménien et les évolutions de la politique turque

La conférence. Crédit Photo: COADA Valence
Le lundi 22 avril, la COADA de Valence a invité Laurent Leylekian a prononcer une conférence sur "la négation du génocide arménien et les évolutions de la politique turque". Retrouvez ici le texte de cette intervention

Permettez-moi tout d’abord de remercier la COADA et Grégoire Tafankedjian pour m’avoir invité en cette avant-veille de 24 avril à évoquer la question de la négation par la Turquie du génocide des Arméniens. C’est un honneur certain mais c’est aussi un exercice difficile pour quelqu’un qui n’est plus qu’un observateur et non plus un acteur des événements en question. 

Il est assez difficile pour moi de discourir aujourd’hui avec originalité sur ce sujet dans la mesure où viennent de paraître deux ouvrages remarquables qui lui sont précisément consacrés : « Vous n’existez pas » de Maître Sevag Torossian et « La Turquie et le fantôme arménien » de Laure Marchand et Guillaume Perrier. Le premier de ces deux ouvrages se concentre sur la démarche juridique de pénalisation en France, démarche qui a échoué et qui était selon Me Torossian mal conçue, tandis que le second traite de la prégnance et de l’impact contemporain du génocide dans la société turque. Je ne saurais trop vous recommander d’acheter et de lire ces ouvrages et mon propos aujourd’hui ressemblera sans doute, au moins pour ce qui est du constat, à ceux de Laure Marchand et de Guillaume Perrier. Pour tout vous dire, je me félicite d’ailleurs de leur prise de parole publique car l’un des effets, et non des moindres, de la politique négationniste de l’Etat turc est d’ôter, aux yeux des médias dominants, toute crédibilité à une parole arménienne sur la question turque alors que, sans doute, personne n’est plus légitime ni plus pertinent que nous lorsqu’il s’agit de parler de la Turquie. Je pense que d’ici peu, ces deux journalistes reconnus seront qualifiés dans la presse turque de sözde gazeteci et qu’on leur trouvera rapidement des ascendances arméniennes. 

jeudi 18 avril 2013

Des fuites dans le pipeline: Quand les Anonymous révèlent les trafics de l'Azerbaïdjan

Pour la deuxième fois en quelques mois, les Anonymous viennent de mettre à disposition un énorme corpus de données issues des services étatiques azerbaïdjanais. Ironiquement, la première fuite en date du 18 janvier - pratiquement 1 gigaoctet de données compressées -  provenait des "services spéciaux en charge de la protection de l'Etat". Quant aux 1,5 gigaoctets de données qui viennent d'être révélés ce 15 avril, ils sont issus du "Ministère des technologies de l'information et de la communication". 

Bien évidemment, il est trop tôt pour cerner l'ampleur des petits secrets ainsi révélés, et que l'émirat du Caucase, ses clients et ses fournisseurs, auraient préféré ne pas voir divulguer. Selon les Anonymous, ce dernier lot démontre les liens de l'Azerbaïdjan avec "toutes de sociétés étranges, de représentants et d'agences gouvernementales" dont la "sinistreCFC Consulting & Trading Inc. que l'organisation clandestine suspecte notamment de financer des groupements terroristes. 

samedi 13 avril 2013

Comment la Russie et l'Azerbaïdjan affaiblissent les valeurs européennes

Le dictateur azerbaïdjanais Ilham Aliev

La mine de documents publiés la semaine dernière par le Consortium International des Journalistes d'investigation (ICIJ), un réseau anti-corruption, offre un aperçu fascinant sur la façon dont les riches de ce monde se soustraient aux impôts.

Ces documents ont été largement couverts par les médias occidentaux, mais pas dans les pays semi-democratiques ou autoritaires comme la Russie et l'Azerbaïdjan. L'ICIJ a donné des détails sur la façon dont les hauts responsables des deux régimes ont amassés des fortunes par le biais de comptes offshore secrets.

lundi 8 avril 2013

"La Turquie et la fantôme arménien" à l'EHESS

De gauche à droite,  Raymond Kevorkian, Vincent Duclert,
Guillaume Perrier, Laure Marchand et Hamit Bozarslan
Laure Marchand et Guillaume Perrier, respectivement correspondants en Turquie du Figaro et du Nouvel Observateur d'une part et du Monde d'autre part,  étaient en tournée en France afin de présenter leur livre-événement "la Turquie et le fantôme arménien". Ils ont été ce vendredi 5 avril les invités du Collectif Van. Jeudi 4, ils étaient accueillis par l'UGAB en partenariat avec les Nouvelles d'Arménie. Et Mercredi 3 avril, ils étaient à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) où, à l'initiative du Groupe International de Travail sur la Turquie (GIT France), ils ont commenté les évolution de l'Etat et de la société turcs vis-à-vis du génocide des Arméniens.

Compte-rendu des débats de la conférence de l'EHESS....

jeudi 28 mars 2013

La Francophonie : une chance pour l’Arménie

Dans le cadre de la saison de la Francophonie, l’Université Française en Arménie organisait ce mercredi 27 mars un colloque sur le thème « La Francophonie : une chance pour l’Arménie », en présence du Ministre des Affaires étrangères, M. Edouard Nalbandian, de l’Ambassadeur de France en Arménie, M. Henri Reynaud, des Ambassadeurs de Suisse, de Pologne, de Roumanie et de Grèce en Arménie ainsi que de l’Ambassadeur de l’Union Européenne.

Accueillant ses hôtes, le Recteur de l’Université française, M. Jean-Jacques Montois, s’est félicité que l’appartenance de l’Arménie à l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) lui permette un rayonnement plus important

mardi 26 mars 2013

La coopération avec l'UE bien perçue par ses voisins

Un sondage d'opinion Eurobaromètre en date du 20 mars dernier est passé relativement inaperçu. Selon ce sondage, les pays concernés par la politique de Voisinage de l'UE ont une opinion plutôt bonne de cette dernière. A noter également que les ressortissants des pays du sud de la Méditerranée semble plus satisfaits de leur vie que ceux des pays du Partenariat Oriental. 


Les citoyens des pays voisins de l'Union européenne ont généralement une image positive des relations que leur pays entretient avec l'Union, telles sont les conclusions du baromètre du voisinage de l'UE parues aujourd'hui. Cette opinion est particulièrement répandue dans le voisinage méridional, où plus de la moitié des personnes interrogées considèrent que ces relations sont bonnes.

En fait, l'UE a une image positive aux yeux des citoyens des 16 pays partenaires relevant de la politique européenne de voisinage, les droits de l'homme et la solidarité étant cités comme caractérisant au mieux l'UE dans les pays de son voisinage oriental et méridional.

Pour ce qui est de la coopération entre les pays, les personnes interrogées sont d'avis que les domaines les plus importants sont la paix et la sécurité, suivies par les échanges commerciaux et les droits de l'homme, au Sud,et par la lutte contre la pauvreté et les droits de l'homme, à l'Est.

mardi 8 janvier 2013

Hilda Tchoboian: Le dialogue turco-arménien : Mythes et RealPolitik

Depuis une dizaine d'années le dialogue entre Turcs et Arméniens est évoqué comme une solution à la demande de reconnaissance des héritiers des victimes du génocide des Arméniens. Personne ne pourrait s'opposer au dialogue entre des opposants, première étape indispensable vers la conciliation nécessaire. Mais, dans quelles circonstances politiques/diplomatiques/culturelles l'idée de ce dialogue est avancée en Europe? Qui dialogue ? Sur quoi ? Dans quel objectif ?



Le 27 octobre dernier, Hilda Tchoboian est intervenue à la Péniche Anako pour donner une conférence sur les tenants et les aboutissants du dialogue arméno-turc ou supposé tel. La parole de cette actrice politique expérimentée, par ailleurs spécialiste de ces questions, a cependant été peu relayée par la presse arménienne de France.

Eurotopie livre ici un enregistrement audiovisuel de cette conférence mettant en garde sur les conclusions obligées auxquelles aboutirait nécessairement un "dialogue" asymétrique entre une revendication éthique de Justice et une exigence étatique d'oubli.



Née à Alep, en Syrie, Hilda Tchoboian fait ses études en France. 

En 1978 elle prend la direction de la Maison de la Culture arménienne de Décines, tout en militant en faveur de la reconnaissance du génocide des Arméniens par les instances internationales (ONU , Parlement européen) Présidente de la Fédération euro-arménienne pour la Justice et la Démocratie de 2002 à 2011, Présidente du Centre Covcas, et éditrice du « Covcas Bulletin » mensuel bilingue (anglais/français) de 1998 à 2005 sur la situations des Droits de l'Homme dans les Conflits au Caucase. 

 Elle a milité pour la pénalisation du négationnisme des génocides en Europe. Hilda Tchoboian a été consultante auprès du Haut Commissariat des Nations unies aux Droits de l'Homme pour la coopération technique avec les gouvernements. 

 Elle est conseillère régionale depuis 2011 (Région Rhône-Alpes)