mercredi 27 novembre 2013

Au Sud-Est du nouveau

Source : La Documentation Française
L’Arménie, la Géorgie et l’Azerbaïdjan sont actuellement le siège d'événements qui s’apparentent à des signaux faibles. Ils n’en présagent pas moins de repositionnements subtils – ou du moins de tentatives de repositionnement – dont l’analyse déroge aux lignes de fractures habituelles et qui pourraient présager de modifications de plus grande ampleur. La tentative de décryptage qui suit a été rédigée à la mi-juillet 2013. Pour diverses raisons, je ne l'ai alors pas publiée. Elle est désormais quelques peu obsolète mais elle reste suffisamment intéressante pour approfondir la lecture qu'on peut faire aujourd'hui des évolutions en cours.

Les trois Etats de cette région d’Asie mineure qu’est le Caucase du Sud, l’Arménie, la Géorgie et l’Azerbaïdjan, partagent une histoire récente commune qui, aux yeux des observateurs externes, a souvent brouillé leurs différences anciennes. Devenus tous trois indépendants en 1918, à la faveur de la chute de l’Empire russe et dans un contexte de guerre généralisée, leur naissance fut marquée de violents conflits interethniques qui devaient aboutir à la création d’Etats-nations plus ou moins homogènes et de revendications territoriales réciproques. L’arrivé de l’Armée rouge en 1920 et la soviétisation subséquente de la région gelèrent les conflits en cours et purent donner l’impression de leur résolution. La fin de l’URSS raviva naturellement certains d’entre eux et en particulier celui entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan à propos du Haut-Karabagh et ceux entre la Géorgie et la Russie à propos de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie.