mardi 11 novembre 2014

Erdogan - Poutine : le clash des autocrates


Vladimir Poutine
De manière assez inhabituelle, le président turc Recep Tayyip Erdogan a téléphoné à son homologue russe Vladimir Poutine pour évoquer les derniers développements régionaux, notamment le conflit syrien. 

Selon le Temps de Moscou, un quotidien russe de langue anglaise réputé, le Président Recep Tayyip Erdoğan coutumier d'une rhétorique guerrière contre le gouvernement syrien de Bachar al-Assad, a déclaré à cette occasion à son homologue russe que la Turquie avait soi-disant atteint un seuil où elle ne pouvait plus rester indifférente au "carnage humain" en cours dans ce pays déchiré par la guerre. 

lundi 10 novembre 2014

Un ancien membre de l'Etat islamique révèle la coopération militaire d'EI avec la Turquie

Combattante Kurde à Kobané
Un ancien membre de l'Etat islamique (EI) a révélé l'importance de la coopération de l'armée turque avec ce groupe terroriste, qui contrôle désormais une grande partie de l'Irak et de la Syrie, et qui voyage au travers du territoire turque pour renforcer les troupes combattants les forces kurdes.

Note: mon intention initiale de traduire et restituer cet article publié originellement pas Newsweek a été devancée par AWD News. Grâce leur en soit rendue. Je vous enjoins à visiter leur site. Reste qu'on se demande pourquoi les Alliés tolère encore l'Etat criminel turc.

Un ancien technicien en communication réticent à travailler pour l'Etat islamique (EI), s'exprimant sous le pseudonyme de «Sherko Omer», qui a réussi à s'échapper du groupe, a déclaré à Newsweek qu'il a voyagé dans un convoi de camions dans le cadre d'une unité de l'EI à partir de leur fief de Raqqa, à travers la frontière turque, à travers la Turquie, puis de nouveau à travers la frontière pour attaquer les Kurdes syriens dans la ville de Serekaniye dans le nord de la Syrie en février.

vendredi 4 juillet 2014

Arménie / Turquie : l'ouverture de la frontière pour septembre ?

Selon un article publié ce jour par le quotidien Taraf , le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan aurait donné des instructions pour que soit ouverte en septembre la frontière avec l'Arménie. Selon le journaliste Hüseyin Ozay, après deux années de travaux, le poste frontière turc d'Alican serait remis en service en direction de Margara en Arménie, une bourgade située à une trentaine de kilomètre de Erevan la capitale. L'article ne précise pas si l'autre poste-frontière entre les deux pays, situé plus au nord, sera également réouvert.



Si cette information devait être confirmée, elle entérinerait le changement de stratégie de la Turquie à l'approche du centenaire du Génocide des Arméniens, un centenaire qui sera commémoré le 24 avril 2015. 

L'ouverture de la frontière interviendrait ainsi cinq mois après les "condoléances" exprimées par Erdogan à l'occasion du 99ème anniversaire du Génocide, le 24 avril 2014. Ces condoléances avaient été accueillies avec amertume et circonspection par les Arméniens dispersés à travers le monde dans la mesure où, passé le mot de "condoléances", le message d'Erdogan ne constitue pas une reconnaissance du génocide, encore moins une demande de pardon, et réaffirme pour l'essentiel la position négationniste de son Etat. 

vendredi 13 juin 2014

#Syrie, #Irak : De nouveaux documents sur la complicité de la #Turquie

Les récents succès militaires de l'Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL - ISIS - Daech) ont provoqué un regain d'attention international sur la situation qui prévaut actuellement dans la région du Proche-Orient. 

C'est une véritable catastrophe humanitaire - et peut-être un bouleversement géopolitique - sur lesquels nous sommes quelques-uns à essayer d'attirer l'attention. Je me permets de signaler quelques articles récents (et certainement non exhaustifs) en français :

mercredi 21 mai 2014

Turquie: L'Etat profond au service des islamistes syriens

Une illustration directe du caractère illusoire des condoléances d’Erdogan à propos des Arméniens

Huseyin Bozan
A l’occasion du 99ème anniversaire du Génocide qui les a frappés, Recep Tayyip Erdogan, le Premier ministre turc, a présenté des condoléances inédites à ses concitoyens arméniens et aux Arméniens du monde entier. La presse internationale a largement rapporté l’affaire, le plus souvent de manière positive et en rendant peu compte du profond malaise qu’elle a suscité parmi les récipiendaires putatifs de ces condoléances. Je me suis moi-même exprimé sur la perversion sémantique de condoléances qui reprennent en vérité le discours négationniste habituel.

L’actualité syrienne vient nous fournir une confirmation du fait que rien n’a changé, hormis peut-être la communication toujours plus raffinée de la Turquie par laquelle elle enrobe la vraie nature de sa relation aux Arméniens et ses intentions envers eux.

jeudi 15 mai 2014

Catastrophe de Soma : L'image qui frappe

La catastrophe de la mine de Soma en Turquie a provoqué un brutal réveil des tensions sociales existant dans ce pays. Le Premier ministre Erdogan - qui rendait hier visite aux blessés sur les lieux de la catastrophe a été vivement pris à partie par les membres des familles des victimes. De nombreux clichés et des vidéos relatant ces événements ont été postés sur les médias sociaux et en particulier sur Twitter. 

L'un d'entre eux a particulièrement marqué les internautes et il fait actuellement le tour de la toile. On y voit Yusuf Yerkel - proche conseiller du Premier Ministre et adjoint de son chef de cabinet, décocher un violent coup de pied à un manifestant maintenu au sol par deux représentants des forces de l'ordre.





vendredi 25 avril 2014

Génocide arménien: les "condoléances" d'Erdogan montrent une Turquie aux abois

Décembre 1970 : Le chancelier Willy Brandt
à genoux aux mémorial du ghetto de Varsovie
Il faut bien le reconnaître, la déclaration faite par Recep Tayyip Erdogan, le Premier Ministre turc, à propos du génocide arménien ce 23 avril – c’est-à-dire à la veille des commémorations du 99ème anniversaire du génocide arménien – a surpris tout le monde. Ne serait-ce qu’à ce titre, elle mérite qu’on s’y arrête un instant pour s’interroger et sur le contenu de ces singulières « condoléances », et sur les raisons qui ont poussé l’exécutif turc à les formuler.

Allons droit au but : Si ces « condoléances » sont remarquables, c’est en ce qu’elles illustrent l’embarras croissant – pour ne pas dire la panique – des autorités turques, contraint en la matière par une diaspora arménienne n’ayant guère pour elle que la force de la Vérité. Ceux qui connaissent bien le négationnisme d’Etat turc apprécieront ainsi à leur juste valeur les contorsions sémantiques auquel Erdogan s’oblige. 

jeudi 27 mars 2014

[Mise à Jour] Turquie: le blocage des réseaux sociaux, possible prélude à une invasion de la Syrie

[Mise à Jour]: La traduction française des échanges est désormais disponible sur Slate. Elle a été assurée par un blogueur dont le pseudonyme est Kierkegaard. Merci à lui.

Les échanges font intervenir Hakan Fidan, responsable du renseignement turc, Ahmet Davutoğlu, ministre des affaires étrangères, Yasar Guler, vice chef des forces armées et d'autres officiels.

DERNIERE MINUTE : L'Etat turc vient de bloquer Youtube après qu'un tribunal stambouliote ait jugé illégal la censure de twitter. Cette nouvelle violation de la liberté d'expression en Turquie survient dans un contecte électoral très tendu, alors que le pouvoir AKP est fragilisé par des affaires de corruption touchant directement le premier ministre Erdogan et son fils.

Cependant, ce dernier cas de censure pourrait être lié à des enregistrements ayant fuité et qui attesteraient des projets imminents de la Turquie d'envahir la Syrie. Ces enregistrements mettent en scène Ahmet Davutoglu le ministre des Affaires Etrangères et Hakan Fidan le chef des services secrets de cet Etat criminel. 

Une première traduction anglaise est disponible. La traduction française est en cours.



mardi 25 mars 2014

La Turquie, base arrière des rebelles syriens

Dimanche 23 mars, la Turquie a abattu un avion militaire syrien qui bombardait des rebelles dans la région frontalière de Kassab, au nord-ouest du pays. Pour Damas, il s’agit d'une «agression flagrante», qui prouve «l'implication de Erdogan (le Premier ministre turc) dans le soutien aux groupes terroristes». Il s’agit de l’incident le plus grave entre les deux pays depuis septembre 2013, quand des chasseurs turcs avaient abattu un hélicoptère syrien dans la même région.

JOL Press : Historiquement, quelles relations entretiennent la Turquie et la Syrie ?
 
Laurent Leylekian : Ces deux pays entretiennent des relations assez conflictuelles. Il ne faut pas oublier que la Syrie, et plus généralement le Machrek («le Levant»), est une ancienne colonie de l’empire ottoman. Pendant très longtemps, les Turcs ont été perçus par les populations arabes comme des colons. Au début du XXe siècle, lorsqu’Atatürk a fondé la République de Turquie, le pays a été vu par certains progressistes arabes comme un modèle d’Etat laïque et moderne. Il y a donc une ambivalence, entre rejet et admiration.
 
En outre, il ne faut pas oublier qu’il existe un différend territorial entre les deux Etats : la Syrie n’a jamais admis qu’en 1938 la France ait donné à la Turquie le Sandjak d’Alexandrette et une bande frontalière allant jusqu’à la frontière irakienne, ces deux territoires appartenant à la plaine syrienne et majoritairement peuplés d’Arabes.
JOL Press : Comment ont évolué ces relations depuis le début de la crise syrienne, en mars 2011 ?
 
Laurent Leylekian : Il y a trois ans, le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, prônait une politique du «zéro problème avec les voisins». Cette politique a été un échec total : le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, s’est fâché avec le régime militaire égyptien, les monarchies du Golfe (pour leur refus de soutenir Mohamed Morsi, le président égyptien déchu) et Israël en soutenant des mouvements islamistes comme le Hamas dans la bande de Gaza.
Erdogan et Bachar al-Assad, qui étaient autrefois bons amis, se sont également brouillés lorsque le régime de Damas a commencé à réprimer les mouvements contestataires et islamistes en Syrie. Aujourd’hui, Ankara et Damas sont à couteaux tirés car la Turquie soutient officiellement les rebelles, y compris ceux liés à al-Qaida

vendredi 21 mars 2014

Syrie: le village arménien de Kessab attaqué par des commandos de Turquie

Kessab sous attaque en provenance
de Turquie (Asbarez)
21 mars 2014 - Des nouvelles alarmantes nous parviennent du canton de Kessab, bourgade de Syrie à très forte prédominance arménienne à un jet de pierre de la frontière turque. 

Depuis 5h00 ce matin (heure locale), le bourg et les localités avoisinantes auraient subi une violente attaque d'islamistes en provenance de Turquie et bénéficiant apparemment du soutien logistique de ce pays. La plupart des habitants - environ 3500 personnes - ont pu s'enfuir en grimpant sur les hauteurs et certaines ont été évacuées sur Lataquié. Les attaques se sont concentrées sur le village de Sev Aghpuyr (la source noire) qui aurait été attaqué simultanément à partir de trois points de la frontière turque.

mercredi 19 mars 2014

Pourquoi la Turquie héberge-t-elle le terrorisme ?

Al Qaida in Turkey
Des combattants d'Al-Qaïda paradant à Tel Abyad
en Syrie, proche de la frontière turque (janvier 2014)

La Turquie est sans conteste l'allié le plus important des Etats-Unis sur les questions relatives au Proche-Orient - c'est un membre solide de l'Otan, elle représente les intérêts de l'Amérique dans plusieurs zones de conflit et c'est un partenaire majeure de la lutte globale contre le terrorisme. Mais ce pays, qui s'attaque de manière si notoire aux mouvements terroristes violents, a également à plusieurs reprise servi de havre aux terroristes qu'il a assisté à l'intérieur de ses propres frontières.

Les relations présumées de la Turquie avec les leader du Hamas - une organisation considérée comme terroriste - et ses relations avec les financiers d'Al-Qaïda ont tendu les relations entre ce pays et les Etats-Unis et menacent leur coopération future sur les question de sécurité.

Il y a deux grands exemples d'agents extrémistes à qui la Turquie a donné procès et accès aux leaders politiques. Le premier est Saleh al-Arouri, le fondateur de la branche armée du Hamas dans la bande de Gaza, branche connue sous le nom des Brigades Qassam. Il vit en Turquie et est , selon des sources crédibles, impliqué dans les affaires financières et logistiques liées aux opérations militaires dans la région.

jeudi 13 mars 2014

Biens spoliés: une plainte vise le Trésor américain pour recel

Or juif spolié par les Nazis et redécouvert par les Alliés
Une association de Glendale (Californie) - le Centre pour la Mémoire Arménienne (Center for Armenian Remembrance - CAR) a porté plainte contre la réserve fédérale américaine ce 4 mars 2014 afin d'obtenir des informations sur la manière dont elle a acquis une grande quantité d'or spolié aux Arméniens par le gouvernement ottoman en 1915. CAR a porté plainte sur la base du Freedom of Information Act, une disposition législative américaine visant à imposer la transparence des documents de l'administration américaine. Evaluées à l'origine à 5 millions de livres-or turques (22 millions de dollars), les quantités d'or spoliées vaudraient maintenant plusieurs centaines de millions de dollars. Le Conseil d'Administration de la Réserve Fédérale et de la Banque de la Réserve Fédérale de New-York ont récemment prétendu qu'ils n'auraient connaissance d'aucun acte de dépôt d'or arménien. Il n'est pas facile de tracer le chemin suivi par l'or arménien transféré d'Istanbul à New-York voici presque un siècle. Le résultat de nos recherches sur une série de transactions en cascade peut être résumé comme suit: Le gouvernement ottoman a saisi l'or ainsi que d'autre biens de valeur appartenant aux Arméniens déportés et assassinés lors du génocide de 1915, les dépossédant ainsi de leurs comptes bancaires et de leurs compte de dépôts. La Commission de liquidation ottomane a fait usage d'un ensemble complexe de transferts bancaires pour masquer le chemin suivi par cet "argent du sang". Le Trésor turc a placé l'or spolié aux Arméniens sur des comptes de la Deutsche Bank allemande à Istanbul. En 1916, l'or a été transféré à la banque Bleichroeder de Vienne et déplacé de là à la ReichBank - la banque centrale allemande - à Berlin où il a été consigné sur le compte de la Dette Publique Ottomane.

mercredi 12 mars 2014

Compilation de points de vue dissidents sur l'Ukraine

Emeutiers face aux forces de l'ordre - place Maïdan
Les événements survenus en Ukraine - à savoir les manifestations de la place Maïdan, les émeutes qui s'en suivirent, la fuite du président Ianoukovitch, l'institution d'un nouveau pouvoir et la sécession de la Crimée sous "l'amicale pression" de la Russie - ont fait l'objet d'un traitement assez univoque par la presse libérale dominante. 

Dans cet article qui n'en est pas un, nous vous proposons un florilège des quelques analyses et opinions, sur et autour de ces événements, qui vont à contre-courant de la pensée dominante en Europe et aux Etats-Unis.

mardi 11 mars 2014

Affaire Perinçek : la Suisse demande un réexamen du cas par la Grande Chambre

Perinçek pérorant à Lausanne

Berne. La Suisse va demander à la Cour européenne des droits de l'homme de renvoyer le cas Perinçek devant la Grande Chambre. Cette décision émane de l’Office fédéral de la justice. Le réexamen du cas vise à préciser la marge de manœuvre dont disposent les autorités suisses dans l’application de la norme antiraciste.

La Convention européenne des droits de l'homme prévoit la possibilité de faire réexaminer une affaire par la Grande Chambre, notamment si cette affaire soulève une question grave relative à l'interprétation ou à l'application de la convention. Dans le cas présent, il s'agit avant tout de préciser la marge de manœuvre dont disposent les autorités suisses dans l'application de la norme antiraciste inscrite à l’art. 261bis du code pénal, en vigueur depuis le 1er janvier 1995. La Suisse avait créé cette norme pour combler une lacune de son droit pénal, dans le but d'adhérer à la Convention de l'ONU sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale.

Dogu Perinçek, ressortissant turc, a été condamné le 9 mars 2007 par un tribunal vaudois à une peine pécuniaire et à une amende, en vertu de l'art. 261bis CP, pour avoir nié le génocide des Arméniens. Après avoir recouru sans succès auprès du Tribunal cantonal vaudois et du Tribunal fédéral, M. Perinçek a porté son cas devant la Cour européenne des droits de l’homme. Dans son jugement du 17 décembre 2013, la Chambre en charge de l’affaire a constaté l'existence d'une violation de la liberté d'expression du plaignant.

Contact / renseignements